Peter Sahlins

Je suis un historien de souche, formé par les meilleurs (Natalie Davis et Robert Darnton à l’université de Princeton), qui a fait carrière pendant trois décennies à l’université de Californie à Berkeley. J’ai été attiré par l’histoire de France, mais toujours avec une particularité : l’ensemble de mon travail consiste à réfléchir depuis les marges, à donner un sens aux identités en me concentrant sur les Autres.

Mon premier ouvrage, *Boundaries: The Making of France and Spain in the Pyrenees* (1989), une réécriture de ma thèse de doctorat, a bouleversé les idées reçues en montrant comment l’identité nationale et le sentiment d’appartenance ont d’abord émergé dans les zones frontalières. Mon deuxième ouvrage, *Forest Rites: The War of the Demoiselles in Nineteenth-Century France* (1994), issu d’un mémoire de licence, explorait l’univers sens dessus dessous d’une révolte paysanne au cours de laquelle de jeunes hommes, déguisés en femmes, chassaient les charbonniers et les gardes forestiers de leurs forêts. Je me suis ensuite intéressé aux questions de nationalité et d’immigration dans le monde d’avant la Révolution française, en publiant un ouvrage en français avec mon collègue Jean-François Dubost, intitulé (en traduction) *Et si on faisait payer les étrangers ? Louis XIV, les immigrés et quelques autres* (1998). J’ai ensuite mené une étude de grande envergure portant sur quelque 8 000 naturalisations accordées entre 1660 et 1819, intitulée *Unnaturally French : Foreign Citizens in the Old Regime and After* (1994). Puis je me suis tourné… vers les animaux, tout en continuant à réfléchir à la meilleure façon de comprendre l’identité en pensant à ses « Autres ». *1668 : The Year of the Animal in France (2017) s’est penché sur la ménagerie royale de Louis XIV et sur ce « moment animal » jusqu’alors méconnu de 1668, lorsque, dans tous les médias – de la tapisserie à la sculpture en passant par la philosophie et la littérature –, les animaux se sont soudainement retrouvés partout.

Et aujourd’hui, *Les Néandertaliens parmi nous : la construction d’un humain préhistorique* franchit une nouvelle étape : ce que notre obsession moderne pour un groupe humain disparu depuis longtemps révèle sur l’évolution de nos idées concernant l’unicité humaine et sur nos angoisses face aux différences raciales et de genre.

Quelle sera la prochaine étape ? Suivez-moi pour le découvrir !