Daniel Habrekorn

Après de brèves études de Lettres à la Sorbonne, Daniel HABREKORN voit paraître son premier livre "104 Textes" chez Jean-Jacques Pauvert en 1971. Suit la publication de deux autres livres, et il est invité à lire ses textes sur scène aux côtés de la danseuse Mirjam Berns de la Merce Cunningham Cie, au cours d'une tournée, à travers toute la France. Dans ces années soixante-dix il voyage beaucoup aux Etats-Unis, au Canada, à Cuba et surtout dans le sud de l'Inde. En 1977, il entreprend une initiation poétique dans les écoles primaires et tirera un livre de cette expérience (Poètes dans les écoles). En 1978, il réalise un film sur le grand poète Saint-Pol-Roux pour Antenne 2; la même année, il fonde les éditions THOT.

Il partage alors son temps entre l'animation de deux collections de littérature et la rédaction de ses propres ouvrages.

Dans le collection Patrimoine signalons l'anthologie du romantique Xavier Formeret (Sans Titre et autres textes) dont l'oeuvre était devenue introuvable depuis sa redécouverte par les surréalistes; la réédition intégrale et critique du "Pal" de Léon Bloy qui contribua largement à remettre en lumière cet auteur génial; la publication originale des "Lettres" entre Bloy, Villiers de l'Isle-Adam et J.-K. Huysmans, qui raconte l'amitié passionnelle qui lia ces trois écrivains; "Rimbaud le voyant", l'essentiel essai sur la mystique d'Arthur Rimbaud, de A. Rolland de Renéville; et par-dessus tout "Enquête sur l'évolution littéraire en 1891", et "Interviews de littérature et d'art", séries d'authentiques interviews fin de siècle que Jules Huret avait fait paraître dans les journaux, livres qui ont eu un très gros succès médiatique et qu'il adaptera pour la télévision.

Dans la collection Profond d'aujourd'hui, il publie tour à tour des nouveaux venus comme Patrick Lannes, et des auteurs plus confirmés de Hubert Haddad à Manz'ie, en passant par une des premières traductions du prix Nobel Jaroslav Seifert (Poèmes choisis), et "Erosion usure" de Pierre Dalle Nogare qui reçut, pour ce livre, le prix Mallarmé.

Parallèlement à cette activité éditoriale, Daniel Habrekorn poursuit sans concession l'élaboration d'une oeuvre exemplaire. Partant de recueils de textes (104 textes, Ce qui arrive..., Main courante suivi de Brouillard) relevant simultanément du conte symbolique, du poèmes en prose et du journal intime, il les associe plus avant en une même question, que ce soit l'évocation d'un double imaginaire (Manifeste mon Maître...), la peinture obsessionnelle d'un lieu (Lost'Marc, une plage), l'observation d'une beauté symbolique (Le Vol du Milan), la célébration de la féminité (Chaires et Statues, à paraître), le récit symphonique (Le Fond de la Forme, à paraître). Avec "Mes Personnes" dans lequel il joue, de chapitre en chapitre, sur les différents points de vue des pronoms personnels, il inaugure, grâce au réseau dense et indissociable des images, des ouvrages plus construits et de plus longue haleine dans un mode de récit original.

On a pu lire de ses poèmes dans les anthologies Seghers, Noa, et entre autres revues, dans Hors Jeu, Les Cahiers Bleus, La Barbacane. Il a publié aussi un essai remarqué : "Du Style de Léon Bloy" à L'Âge d'Homme.

Avec le "Petit Dictionnaire de l'hypocrisie", "Mes Biographies", et "Les Splendeurs du Progrès", ouvrages tous trois parus aux éditions de La Différtence, il exploite une veine nouvelle d'humour féroce, décapant qui stigmatise avec impertinence postures et impostures de notre temps.

Et voilà "Flore et Bestiaire imaginaires" (éditions de l'Harmattan) par quoi le lecteur se trouvera peu à peu transporté, ébouriffé et ravi d'un certain "Humour lyrique", profond, érudit, et non moins désopilant.

Daniel Habrekorn prépare, entre autres, une monumentale anthologie critique de la poésie française.

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