Mircea Milcovitch est artiste, sculpteur et peintre, et aussi écrivain. La terre de ses ancêtres est le sud de l’ancienne Bessarabie, près de la Mer Noire, territoire qui se trouve actuellement en Ukraine. Sa famille fuit vers l’Ouest devant l’avancée de l’Armée Rouge en 1945, et se trouve bloquée en Roumanie. Après des études d’Arts plastiques à Bucarest, venu à Paris en 1968 à l’occasion d’une exposition de jeunes artistes roumains, choisit l’exil. De nombreuses expositions personnelles et participations aux salons et foires internationales d’art ont eu lieu à Paris et à l’étranger. Ses œuvres se trouvent dans beaucoup de collections, privées et officielles, en France et à l’étranger. Prix Fénéon de l’Académie de Paris en 1977. A consacré un peu de son temps à l’enseignement et à la formation d’autres artistes. Actuellement, se partage entre Paris, l’atelier installé dans un village à l’ouest de la capitale, et Pietrasanta, à côté de Carrare, où il fait des séjours réguliers de sculpture. Ses études de symbolique et de spiritualité ont abouti à la publication d’un ouvrage, « Des Symboles Universels à la Spiritualité Chrétienne » Éditions Retz, Paris 1991. Un essai appelé « Le Combat Spirituel au XXe siècle » est paru en 2002 dans « Hybris », Éditions L’Age d’Homme, Paris-Lausanne.
En février 2012 paraît aux Editions Amalthée son « Journal d’Exil ». Un témoignage singulier, écrit par un jeune artiste exilé, arrivé à Paris juste après les événements de mai 1968. Il contient les notes cumulées depuis son arrivée en France et jusqu’à la fin de l’année 1969. Une seule année, mais qui avait compté pour lui comme dix, tellement la rupture causée par l’exil était grande ! Au-delà des incursions pittoresques dans le monde insolite d’un village reculé sur les contreforts des Carpates, oublié aussi bien par la collectivisation que par le passage du temps, au-delà des incursions dans le monde des artistes vivant dans l’un des pays de l’Est parmi les plus privés de liberté, ce récit présenté sous forme de « journal », est un réquisitoire précis et détaillé du système totalitaire qui avait dominé, jusqu’à il n’y a pas longtemps, sur toute l’Europe de l’Est. Il entraîne le lecteur dans un va-et-vient subtil, entre souvenirs et réflexions sur la vie en Occident. L’exil est l’idée centrale, caché derrière les déchirements produits par les souvenirs et les amours abandonnés où on laisse toujours des parties entières de soi-même, ou derrière la froide réflexion comparant les deux mondes.
« Ai-je peur de me perdre, de m’oublier moi-même ? » se demande l’auteur en quête de vérité. Échappé à la dictature, à un monde refermé et à ses rites absurdes, il est exposé déjà aux ambiguïtés de la société occidentale, de plus en plus relativiste et incertaine dans le choix de ses principes. Enchaînements des histoires vécues, de raisonnements politiques et d’introspection, d’analyse de son propre « soi » si mis à l’épreuve surtout pendant cette première année d’exil, le style de « journal » et son côté hétéroclite donnent au texte une grande vitalité.
Quant au témoignage politique, l’auteur analyse attentivement la doctrine qui dominait dans les pays de l’Est et ses effets catastrophiques. Il arrive à la conclusion que sans un « procès » fait à la doctrine même, la vérité et la justice ne seront jamais établies. Pour finir ce journal, il dit dans l’épilogue : « Depuis que je suis ici, je me pose la question d’un éventuel devoir de mémoire. C’est-à-dire que mon expérience, si modeste soit-elle, s’ajoute à la mémoire collective, de ceux qui nous ont précédés, qui ont vécu la terreur et souffert les persécutions du communisme. C’est là, aussi, la raison de ce récit. »
En septembre 2013 les Editions Romaines publient "Le Grand Mystère", essai d'anthropologie biblique, une série de déductions inhabituelles tirées du récit de la Genèse et éclairées par les Évangiles, pour mettre en évidence la véritable place de l'homme dans le dessein de Dieu, les grands mystères constitutifs de la chrétienté. En 2016 la seconde chaîne de télévision lui consacre une émission dans le cadre de l'émission Orthodoxie.