Révélatrice de sens.
Autodidacte, Mathilde de L’Ecotais a d’abord été photoreporter pour l’AFP, l’agence Sygma ou
L’Express. Elle fait le tour du monde pendant dix ans, photographiant tout aussi bien les gangs de Los
Angeles que les Papous d’Indonésie. Sa rencontre, en 2001, avec Alain Ducasse chamboule sa vie
professionnelle et provoque un tournant fondamental dans son travail. Depuis, bouleversant les codes
établis, elle célèbre, de façon inédite, l’art culinaire des grands chefs, dont celui de Thierry Marx, son
plus grand complice, avec lequel elle collabore depuis 4 ans. Mathilde de L’Ecotais se considère
comme un témoin. « Je ne transforme pas les matières. Je les photographie dans leur état brut. ». Un
regard au cœur de la matière justement, à travers lequel elle nous invite dans un monde où les infinis,
petits ou grands, se confondent.
A contre courant, son regard épuré, ses cadrages audacieux et sa manière de dématérialiser les
aliments du quotidien, la distinguent des photographes gastronomiques classiques en entraînant la
photographie culinaire vers une esthétique personnelle et résolument moderne. « Mon regard place la
gastronomie dans un cadre différent, affranchi de toute convention. ». Sa grande maîtrise de
l’imagerie numérique lui permet de jouer subtilement avec la lumière et la transparence des produits.
Déstructurer ou sublimer l’image de référence pour surprendre et donner une deuxième vie, une autre
signification au produit. Par une mise en scène rigoureuse du vide, anguilles, betteraves, ciboulette
prennent alors la pose dans ses aquariums, révélant, sans aucune retouche, leurs sens, la texture de
leurs fibres, leur appartenance au grand « Tout ».
En exploitant en plus, différents médiums artistiques: films, installations vidéo, livres, design culinaire,
décoration, parcours sensoriel…, les créations de Mathilde de L’Ecotais sont en lien direct et
parfaitement réactives au monde. Un travail aux multiples dimensions, s’inscrivant dans l’actualité et
dans la vie. « Ma photo est tournée vers la vie. L’infiniment petit ressemble à l’infiniment grand. Pour
moi, un oeuf de saumon est une planète. ».