Après avoir été formé à la sociolinguistique et à l'analyse du discours politique (Ecole sociolinguistique de Rouen), Thierry Bulot a développé (de 1990 à 1996) des travaux sur les interfaces langagières (Industries de la langue, communication Homme-Machine et mode d'emploi de logiciels) posant les types d'interactions concernées relevaient des principes récurrents du dialogisme.
Depuis 1997, ses recherches portent sur l'urbanisation sociolinguistique, sur ce que la prégnance de la culture urbaine a de significatif sur les pratiques langagières de tous ordres. Dans cet ordre d'idée, ses recherches portent sur les langues dites régionales (comme formes populaires des urbanités modernes), sur les parlers dits jeunes ou encore les diverses variétés de langues (dont le français) dans des contextes, des situations réputées plurilingues, et essentiellement (c'est un pan émergent de ses recherches) marquées par la migrance et la diasporisation des langues.
Il développe (dans les Sciences du langage et particulièrement la sociolinguistique), dans une perspective interdisciplinaire, de développer un paradigme théorico-méthodologique une sociolinguistique urbaine conceptualisée comme une approche critique des phénomènes socio-langagiers.
Pour ce faire, il poursuit et développe une théorisation de l'urbanité langagière autour des rapports tendus entre langues et espaces en questionnant, et explicitant les concepts d'urbanisation sociolinguistique, d'identité urbaine, de spatialité linguistique, de confinement des langues, de mémoire sociolinguistique et de mobilités.
Dans ses travaux théoriques les plus récents, il propose de conceptualiser la sociolinguistique urbaine comme une sociolinguistique prioritaire, comme une sociolinguistique de l'intervention (en lien avec des acteurs locaux et internationaux) et, questionne alors la durabilité socio-langagière des espaces plurilingues, autrement dit la capacité à concevoir la pluralité des pratiques socio-langagières comme une ressource.
Les derniers développements de ses recherches font état d'une confrontation critique de l'approche actuelle des marquages langagiers avec l'approche dominante - les Linguistic Landscape Studies -dans la sphère anglo-saxonne (pour l'analyse des corrélations entre langues et espaces)et l'amène à renforcer la comparaison des méthodologies d'investigations et d'intervention sociolinguistique, autour de la conceptualisation située de la discrimination sociolinguistique.