Viatcheslav Répine

Viatcheslav Répine (Vyacheslav Repin) est l’auteur de romans, de récits, de nouvelles, émigré en France en 1985.

Son destin est marqué par les derniers soubresauts de la guerre froide. Fils d’un officier de l’armée soviétique, encore étudiant, il s’est retrouvé il en conflit avec les doctrines officielles de pensée unique, à l’époque incontournables en URSS. Après des démêlés avec les autorités soviétiques et suite aux vigoureuses campagnes de presse menées par les médias occidentaux, il a été forcé, en 1985, de quitter le pays sous 48 heures. Dès lors, émigre de facto en France.

Viatcheslav Répine se démarque des auteurs russes de sa génération, non seulement par son inscription dans la tradition de la grande littérature russe et son ambition de réinventer une modernité qui ait un sens, mais aussi par son choix d’écriture et de pensée. Ses œuvres pointent du doigt, avec finesse et sans concession, les égarements de notre époque, et nous interrogent ainsi sur le sens de la tourmente que traverse aujourd’hui l’artiste responsable.

Son premier roman, « La Maladie des étoiles ou Les années mûres d’un misanthrope »(1998), écrit en France, a surpris la critique par sa démesure (130 chapitres, plus de 1 000 pages...), ainsi que par sa distance inhabituelle des réalités internes de la culture russe contemporaine, et aussi par sa rupture avec les postmodernistes alors très en vogue dans le pays.

Le roman « Antigonia » (2008), écrit en français, est paru en France. En racontant l’amitié entre deux écrivains contemporains, l’auteur dévoile les secrets subtils et peu connus de la création littéraire elle-même. D'une haute exigence artistique, ce texte est paru en Russie dans une version différente, rédigé par l’auteur également dans sa langue maternelle.

Le roman « Caméléons » (2010) plonge le lecteur dans la Russie des années 2000, entre la guerre dans le Caucase du Nord et les changements inéluctables de millenium. Un univers marqué par le cynisme de la modernité, le choc et la collision quasiment métaphysique entre la l’individu et la société. Par la façon d’étendre le tissu narratif, ce roman, écrit dans le style classique, mais dépassant le cadre du réalisme, et une fois de plus démesuré en volume, avoisine la prose existentielle dans ses meilleures traditions.

Le roman « Pêcheur de plaisir et maître en bévues » (2019) s’ouvre sur l'époque d'aujourd'hui qui rompt avec le politiquement correct, et traite le sujet inattendu, passé sous silence : l’amour platonique avec ses tumultes antinomiques pouvant, dans la façon dont un créatif voit les choses en prenant un coup face à la vie telle qu’elle est, déclencher l’effet boomerang et bousculer les certitudes…

« La mort et l’éternité » (2019), l’ouvrage se situant à part, est un essai philosophique sur l’essentiel de l’existence humaine. L’auteur passe en revue tout ce que l’on sait aujourd’hui sur la mort en s’appuyant sur les donnes du monde médical, les recherches fondamentales les plus récentes ainsi que sur les repères philosophiques et théologiques. L’auteur connu pour son œuvre littéraire recourt au genre de l’essai philosophique pour la première fois. Á ce jour, l’ouvrage est disponible seulement en version russe.

Parmi les récits et nouvelles, on retiendra « La dernière chasse de Piotr Andreïévitch » (1992), « Le Centre du monde » (1996), « Jean et Jacques » (1997), « Dogme de Chalcédoine » (2004), « Imbéciles » (2019), « Surrogate » (2022), « Les Substances » (2024), « Sortilège » (2024), ainsi que des contes existentiels pour enfants et adultes.

Les œuvres de Viatcheslav Répine proposent au lecteur un regard libre et franc sur une littérature qui tente de répondre aux questions cruciales de notre temps.

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