La mémoire réelle des lieux habités - Pays basque, Sahara, Afrique noire - et la mémoire imaginaire captée dans les lectures et les récits – sont le socle de mon œuvre.
Un jour que je parlais ascendance avec mon père, peu de temps avant son décès, il m’a remis les cahiers de campagne militaire de son propre père au Liban. Je ne l’ai pas connu car il est décédé en 1944. Ce fut une émotion inouïe que de lire ces pages écrites à la plume, à l’issue des marches éprouvantes (il était dans l’infanterie), dans une région montagneuse et aride en tête de sa troupe de Chasseurs libanais. J’ai alors décidé de faire parler mon père pour qu’il décrive les années que lui et ma mère avaient vécues : Seconde guerre mondiale, sans moi, événements d’Algérie, avec moi.
Rencontres improbables, situations aventureuses, épreuves marquantes sont les jalons subjectifs qui étalonnent mon existence : Algérie, Gabon, Congo, Cameroun, Nigeria, Colombie, Venezuela, Guatemala, Oman, Iran, Egypte, Angola. Et les cycles s’enchaînent dont les points intermédiaires se situent à Bordeaux, Paris, Lyon, Pau ; avec le Pays basque comme point fixe.