Philippe Will

Auteur, compositeur, producteur, écrivain...

http://www.philippe-will.com/

Son premier roman, il l'écrit à 20 ans : « 800 pages de délire absolu - sans grand intérêt d'ailleurs. Cela m'a au moins permis de me persuader de la nécessité d'emmagasiner une petite expérience avant de se lancer... ». Et c'est ce qu'il a fait ! « A 17 ans, j'ai enregistré mon premier disque avec le fils de Brigitte Bardot. Ensuite, j'ai monté un groupe qui s'appelait Hydra. C'était dans les années 80, on s'est bien marrés ». Plus tard, il se passionne pour les techniques d'enregistrement et ouvre un studio afin de pouvoir réaliser ses idées « bizarroïdes », sans avoir à demander l'autorisation des maisons de disques. « Le problème c'est que trop de liberté tue la liberté... Je pouvais passer un an sur une seule chanson ! Juste pour aller au bout du phantasme... Cela dit j'ai fait exactement ce qui me plaisait. Il m'en reste de super souvenirs comme avoir produit Touré Kunda ou découvert Daby Touré, qui aujourd'hui a sa statue à la FNAC et bosse avec Peter Gabriel ».

Les « deux ou trois petites choses » que Philippe Will devait vivre ne s'arrêtent pas à la musique. Après des études de droit et un DESS de communication (pour faire plaisir à ses parents), il atterrit à TF1... « On m'a donné le choix d'être assistant de Zitrone ou d'un petit jeune qui démarrait... un certain Thierry Ardisson. Comme je savais qu'il entrait dans les prérogatives de l'assistant de Zitrone de lui enfiler ses chaussures tous les matins, j'ai choisi le petit jeune... On va dire que je me suis bien amusé... Cela dit, j'ai quitté le monde des paillettes et du champagne qui coule à flot assez vite...Je pense que pour faire son trou dans cet univers, il vaut mieux être génial, sinon on finit toujours par vendre son âme... Le genre d'alternative qui vous met une sale pression... ».

Au moment où on lui propose d'être l'assistant de PPDA, Vogue lui offre un contrat pour le groupe Hydra. Il choisit la deuxième option.

Un concentré de vie

Au détour du hasard, il écrira aussi la biographie de Laurent Voulzy. « Six mois géniaux à écouter la parole du maître... ». Quand on le traite de touche à tout, Philippe Will rit d'abord avant de faire remarquer que dans l'esprit de la plupart des gens, le touche à tout équivaut au bon à rien. Il en profite pour évoquer une autre de ses activités improbables. « J'adore les chevaux et spécialement le dressage... Oui ! Ce truc un peu ridicule qui se pratique en frac et haut de forme ! Sérieusement, il y a quelque chose de mystique dans la relation au cheval qui me passionne. La communication se fait par la rythmique, par l'empathie...Le simple fait de regarder un cheval déclenche en moi un paquet de questions existentielles... ». La réalité c'est que Philippe Will s'ennuie vite. Cela tombe bien, pour lui les processus de création sont identiques, quelque soit la discipline que l'on pratique. « Inventer des mondes, rendre crédible des personnages, tout ça n'est pas si différend d'écrire une chanson ou de créer un arrangement. Je pense que nous avons tous des choses un peu curieuses dans la tête. Comme si des gens travaillaient dans les soutes de notre cerveau, à notre insu... ».

Aujourd'hui Philippe Will se consacre essentiellement à l'écriture. L'esprit rock l'aurait-il quitté ? « Le rock pour moi ce n'est pas qu'un cliché, c'est un concentré de vie. Le médecin qui a examiné le corps de Jim Morisson croyait avoir affaire à un homme de cinquante ans alors qu'il n'avait pas dépassé la trentaine. J'aime à croire qu'il ne s'agit pas que d'une histoire de défonce. Pour moi le rock est une sorte de raccourci spatio-temporel. Quelque chose qui a à voir avec le secret de l'éternelle jeunesse. Secret que bien évidemment je détiens...et que je ne dévoilerais pas... »

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