Jacques Guigou

Jacques Guigou

est un sociologue et poète français né en 1941.

Biographie

Fils d'Émile Guigou, issu d'une vieille famille de Vauvert[1] naît le 12 février 1941 à Guéret, dans la Creuse, où son père exerce comme directeur départemental de la Santé publique. Sa mère, Jeanne Fauché, est la nièce du sénateur du Gard Gaston Bazile[2].

Il fait ses classes au lycée de garçons de Nîmes, cependant qu'il reçoit une instruction religieuse au Grand Temple[2]. Il renonce à la confession protestante à l'âge de 20 ans, mais continue cependant de revendiquer une influence calviniste[2].

Ayant entrepris des études de sociologie à l'université de Montpellier, il soutient, le 21 juin 1965, une thèse de 3e cycle[2],[3],[4], avant d'être recruté à l'Institut national pour la formation des adultes[2]. Il donne alors des interventions-conseils auprès d'entreprises publiques autant que privées[2].

En 1968, après un service militaire comme coopérant à Annaba (Algérie), il revient en métropole pour entamer une carrière universitaires en sciences de l'éducation : recruté en 1971 comme maître de conférences à l'université de Grenoble, il présente une thèse d'État le 22 mars 1985[2],[4], puis est élu en 1991 professeur à Montpellier-III[5].

En 1980, il fait paraître L'Infusé radical, premier d'une longue série de recueils poétiques[2]. Assouvissant son intérêt pour le livre et la typographie, il est en parallèle le créateur (en 1984) des éditions de L'Impliqué[2], dont il en devient aussi le directeur[5]. Il lance, de concert avec Jacques Wajnsztejn, la revue Temps critiques[6]. En 1989, il fonde la collection du même nom aux éditions L'Harmattan[2].

Il prend sa retraite professionnelle en 2009 et accède à l'éméritat[2]. Il poursuit cependant son engagement dans la vie poétique, figurant notamment au bureau de la maison de la poésie Jean-Joubert »[7], et continue ses activités d'édition et de réflexions critiques.

Vie personnelle

Il épouse en premières noces Claire Saint-Martin, fille du pasteur Jean Saint-Martin ; ils ont deux filles, Anne et la sociologue et danseuse Muriel Guigou[2]. Divorcé, il se remarie avec Nicole Versini, qui lui donne une troisième fille, Blanche[2].

Œuvre

Il consacre sa thèse de 1965 aux « jeunes ruraux » en Languedoc[2],[8], puis se spécialise dans les rapports entre travail et formation, qui l'amènent notamment à étudier la formation continue et à proposer, dès 1972, une critique des systèmes de formation[4]. Il analyse ainsi la « stagification », conceptualisée en 1975 puis faisant l'objet de sa thèse d'État en 1985, comme un processus de normalisation sociale des salariés, réduits à mettre en avant le capital humain qu'ils représentent[9],[4]. Le terme connaît une certaine fortune dans la littérature sociologique[10],[11], cependant que la pratique des stages s'installe dans la formation professionnelle continue[12], mais soulève des controverses chez les acteurs de ce même système de formation[2]. Un colloque fait le point sur les implications de cette théorie de la stagification à Montpellier en 2012[2].

Dans le cadre de ses activités d'éditeur et de revuiste, il s'intéresse avec Wajnsztejn au contexte historico-politique des mouvements politiques consécutifs à Mai 68 en France et au Mai rampant en Italie[2]. Il s'implique lui-même dans ces mouvements, s'inscrivant dans la théorie critique et commentant en particulier Henri Lefebvre, Jacques Camatte et Fredy Perlman[2]. C'est d'ailleurs dans cette veine critique qu'il explore les concepts historiques du marxisme et de l'anarchisme (valeur-travail, classes sociales, révolution prolétarienne, etc.)[2]. Il propose encore que l'échec de l'autogestion a engendré une hyperindividualiste « l’égogestion »[Note 1].

Il dit écrire ce qu'il « espère être » de la poésie[1], fruit de sa contemplation du monde[2]. Il s'inspire notamment des rivages du Grau-du-Roi[13],[14]. Commentant Vents indivisant, Gaston Marty remarque quelques images-clé, comme le corps, central, ou la lumière, omniprésente[15] ; aussi Jean-Pierre Védrines souligne-t-il, par ailleurs, l'« authentique dépouillement de [son]écriture »[16]. En 2020, il rassemble en un seul volume de quelque 700 pages sa Poésie complète.

Ouvrages

Critique des systèmes de formation : analyse institutionnelle de diverses pratiques d'éducation des adultes, Paris, Anthropos, 1972 (notice BnF no FRBNF35189666).

Les Analyseurs de la formation permanente, Anthropos, 1979 (ISBN 2-7157-0317-1).

L'Infusé radical, Paris, Saint-Germain-des-Prés, 1980 (ISBN 2-243-01316-9).

L'Institution de l'analyse dans les rencontres, Anthropos, 1981 (ISBN 2-7157-1045-3).

Contre toute attente le moment combat, Dominique Bedou, 1983 (ISBN 2-9030-9616-3).

Ce monde au nid, Gourdon, Dominique Bedou, 1986 (notice BnF no FRBNF34867626).

La Cité des ego, Grenoble, L'Impliqué, 1987 (ISBN 2-906623-00-8).

Temps titré, Dominique Bedou, 1988 (ISBN 2-903096-65-1).

Blanches, L'Impliqué, 1993 (ISBN 2-906623-05-9).

Une aube sous les doigts, L'Harmattan, 1994 (ISBN 2-7384-2568-2).

Elle entre, L'Harmattan, 1995 (ISBN 2-7384-3666-8).

Son chant, L'Harmattan, 1997 (ISBN 2-7384-5125-X).

Dir. avec Jacques Wajnsztejn, L'Individu et la communauté humaine, Paris, L'Harmattan, 1998 (ISBN 2-7384-6771-7).

Sables intouchables, L'Harmattan, 1999 (ISBN 2-73847561-2).

Dir. avec Jacques Wajnsztejn, La Valeur sans le travail, Paris, L'Harmattan, 1999 (ISBN 2-7384-7812-3).

Ici primordial, L'Harmattan, 2001 (ISBN 2-7475-1468-4).

L'institution résorbée, L'Impliqué, 2001 (ISBN 2-906623-09-1).

Dir. avec Jacques Wajnsztejn, Violences et Globalisation, L'Harmattan, 2003 (ISBN 2-7475-5744-8).

Avec Jacques Wajnsztejn, L'Évanescence de la valeur : une présentation critique du groupe Krisis, L'Harmattan, 2004 (ISBN 2-7475-7046-0).

Vents indivisant, L'Harmattan, 2004 (ISBN 2-7475-6971-3).

Prononcer, Garder, L'Harmattan, 2007 (ISBN 978-2-296-04244-5).

Avec Jacques Wajnsztejn, Crise financière et capital fictif, L'Harmattan, 2008 (ISBN 978-2-296-07720-1).

Avec Jacques Wajnsztejn, Mai 1968 et le mai rampant italien, L'Harmattan, 2008 (ISBN 978-2-296-05530-8).

Par les fonds soulevés, L'Harmattan, 2010 (ISBN 978-2-296-11272-8).

Strophes aux Aresquiers, L'Impliqué, 2010 (ISBN 2-906623-16-4). Édition bilingue, traduction en occitan par Jean-Marie Petit.

Des émancipés anthropologiques, L'Impliqué, (ISBN 978-2-906623-18-7).

La mer, presque, L'Harmattan, 2011 (ISBN 978-2-296-55417-7).

Augure du grau, L'Harmattan, 2012 (ISBN 978-2-296-99340-2).

Exhaussé de l'instant, L'Harmattan, 2013 (ISBN 978-2-343-01249-0).

Dir. avec Jacques Wajnsztejn, La société capitalisée, L'Harmattan, 2014 (ISBN 978-2-343-03535-2).

Une autonomisation du sexe : le genre, L'Impliqué, 2014 (ISBN 978-2-906623-22-4).

Sur la page de gauche, L'Impliqué, 2014 (ISBN 978-2-906623-23-1).

D'emblée, L'Harmattan, 2015 (ISBN 978-2-343-06563-2).

L'Envie de révolution française des Gilets jaunes, Montpellier, L'Impliqué, 2019 (ISBN 978-2-906623-33-0).

Le Chant du phare, L'Impliqué, 2019 (ISBN 978-2-906623-34-7).

Poétiques révolutionnaires et poésie, L'Harmattan, 2019 (ISBN 978-2-343-17262-0).

Fragiles (ill. Raphaël Ségura), L'Impliqué, 2019 (ISBN 978-2-906623-37-8).

Avènement d'un rivage, L'Harmattan, 2019 — édition bilingue, avec traduction en provençal par Jean-Claude Forêt. (ISBN 978-2-343-18531-6).

Poésie complète (1980-2020), L'Impliqué, 2020 (ISBN 978-2-906623-38-5).

L'État sous ses deux formes nation et réseau, L'Impliqué, 2021 (ISBN 978-2-906623-40-8).

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