Antonio Pagnotta

En bref, Antonio Pagnotta aime la photographie, l’écriture et l’acier. Photoreporter, il est l’auteur de plusieurs scoops retentissants au Japon ; il aussi est un habitué des zones interdites. En 2011, lors du triple désastre nucléaire de Fukushima au Japon, il est entré à maintes reprises dans la zone rouge pour documenter les conséquences des désastres nucléaires en dépit des risques inhérents aux radiations et de l’amende, du mois de prison, ou des deux, encourus.

En détails, Antonio Pagnotta nait en 1956 en Calabre, Italie. Il grandit au Haut-du-Lièvre, Nancy. Le quartier est connu pour ses longs immeubles, les plus longues barres HLM d’Europe œuvre de l’architecte Bernard Zehrfuss, disciple de Le Corbusier, tous deux grands utilisateurs du béton armé. Le Haut-du-Lièvre construit sur les principes de la Charte d’Athènes va devenir au fil des années un ghetto dans lequel grandir, c’est-à-dire survivre sera un défi quotidien.

Vers 17 ans, il s’exerce divers métiers manuels, et découvre l’amour du travail bien fait dans le métier du carrossier poids lourd. Il en conservera une fascination pour l’acier et sa beauté. Vers 22 ans, il voit l’impasse intellectuelle vers laquelle il se dirige. Il reprend donc ses études dans un domaine qui le passionne l’art. En juin 1980, il est diplômé de l’École des Beaux Arts et Arts Appliqués de Nancy. Le gout du défi le pousse à tenter l’impitoyable concours des Arts Décos. À sa grande surprise, il est reçu en seconde année.

Septembre 1983, il reçoit le diplôme de l’ENSAD -École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris en Communication Photographie avec les félicitations du jury. Très bizarrement, il découvre être major de sa promotion. Assistant dans la section photographie de l’ENSAD il collabore activement avec une nouvelle revue musicale Dépêche Rock.

De 1985 à 1989, il est photographe indépendant et publie dans Le Monde, VSD, l’agence Zelig et d’autres publications. Il reçoit sa carte de presse en 1988. Dans la foulée, il se base à Tokyo et publie dans la presse internationale. VSD, Nouvel Observateur, Sciences et Avenir, Biba, New Look, Asiaweek, Sapio, Friday, Tokyo Journal, Die Welt magazine, Times on Sunday, Arena, etc vont passer ses reportages sur les années d’or Japon triomphant. Un coup de chance, en mai 1992, Vogue Homme publie son essai photographique sur la vie nocturne japonaise : « Tokyo dans la fureur de la nuit ».

D’un tout autre genre, son reportage « La carrière secrète du Cannibale Japonais » est publié par New Look, éd. Filipacchi en septembre de la même année. « Le Japonais cannibale » est appelé ainsi pour avoir tué, dépecé et partiellement mangé une jeune hollandaise à Paris en 1981. Le reportage révèle la carrière d’acteur porno, les toiles provocatrices et les participations médiatiques du dangereux psychopathe qui vit en toute liberté au Japon.

Durant ce reportage, il a découvert que travailler sous pression lui était facile. Ce premier scoop avait été à sa portée. Mais c’est en mars 1995, une semaine après l’attaque au gaz sarin dans le métro de Tokyo, qu’il réalise pour la presse nippone le scoop du siècle. Il parvient à photographier, l’usine chimique de Aum Shin Rykkio. Cachée dans un temple le « Dai Nana Satian », c’est l’endroit où le sarin a été produit. Ces photos prises de nuit en s’infiltrant dans le repaire de la secte sont exclusives. Pour la police japonaise, c’est la preuve de la culpabilité de la secte. Un an plus tard en avril il photographie le guru de la secte Aum Shin Rikkyo, le premier jour de son procès. Cette photo non autorisée provoquera un grand scandale.

En mars 1997, le Japon est en état de choc. À Tokai Mura, une explosion a lieu dans une centrale de retraitements de scories radioactives. Le fait est rarissime pour l’industrie nucléaire, et les informations filtrées au compte goutte. À l’époque, l’accident nucléaire est classé numéro deux après Tchernobyl. De nuit, il s’infiltre dans l’enceinte de haute sécurité afin de documenter la réalité du désastre. Repéré par la surveillance vidéo, il sera arrêté et détenu en garde-à-vue. Malgré la détention, il parvient à sauver deux de ses trois films. Trois semaines après la publication des photographies, qui mettaient en évidence la criminelle gestion des déchets nucléaires, l’opérateur Donen sera sous le coup d’une enquête criminelle ; une première dans l’histoire de l’énergie atomique à des fins civiles. Le juge d’instruction, au vu de la légitimité du reportage, abandonnera toutes poursuites contre Antonio Pagnotta.

En 1998, il publie un livre de photographies « So Quanti Passi ». Le sujet est un tremblement de terre qui en 1980 a ravagé la Campanie et la Basilicate, Italie du Sud. Il s’agit d’un très long reportage de 17 ans, commencé aux Arts Décos lorsqu’il était étudiant. Les photographies en noir et blanc racontent la lente et douloureuse reconstruction de Muro Lucano, un village de Basilicate. Antonio Pagnotta devient citoyen honoraire de Muro Lucano.

Décembre 2000, DPRK- Le 16 décembre, il entre illégalement en Corée du Nord, le pays le plus secret et dictatorial du monde. Il sera détenu pendant 6 jours et relâché sur intervention directe de Kim Jong Il, le chef absolu de la DPRK. Ses photos ont été publiées Sapio au Japon et Asiaweek à Hong Kong. Souffrant de PTS due à la privation de sommeil et aux nombreux interrogatoires, il doit marquer une longue pause dans ses reportages.

Juin 2000, Tokyo. « Scoop Satsu! » (Prendre des scoops !) est publié par l’éditeur Kodansha au Japon. C’est un récit biographique sur le difficile travail du photojournaliste au Japon. Ce livre est principalement du texte illustré avec quelques photographies.

https://www.amazon.co.jp/スクープ撮-アントニオ-パニョッタ/dp/4062107392

Septembre 2000, Salerno. Publication de « Volti, Caos e Stelle Danzanti » (Portraits, Chaos et Etoiles Filantes), Ed. MMMAC Paestum 2000. C’est un livre reportage de commande, sur l’université de Salerno, Italie. Le livre de photographies met en images la vie du campus et offre des portraits vivants des professeurs et des étudiants. Il devient la base de la campagne nationale de communication de l’université de Salerno en 2001.

Juin 2002, Aliano. Début d’une recherche photographique et documentaire sur le chef-d’œuvre de la littérature italienne « Christ s’est arrêté à Eboli » de Carlo Lévi. La recherche se concentre sur les descendants des personnages du livre. Le livre de Levi, un important document social, est considéré un des piliers culturels fondateurs de la République Italienne. Le reportage part d’Aliano en Basilicate et finit à New York sur les traces des émigrés qui sont partis pour le Nouveau Monde. Deux ans vont être nécessaires pour terminer le reportage. La recherche d’un montant de 150 000 euros a été financée par la province de Salerno, la région Basilicate, la province et la ville de Matera et la ville d’Eboli.

Avril 2004, le 18 avril à Eboli, fin de la recherche photographique et documentaire sur le chef-d’œuvre de la littérature italienne « Christ s’est arrêté à Eboli » de C. Lévi. Inauguration de l’exposition photographique « La ruota, la croce e la penna » (la roue, la croix et la plume) dans le musée national d’archéologie en présence du président de la région Basilicate Vito di Filippo. Pour sa précieuse contribution culturelle, L’exposition et le livre -qui sera publié en Septembre, ont reçu le haut parrainage de la Présidence de la République Italienne.

Septembre 2004, Matera. Le livre « La ruota, la croce e la penna » (la roue, la croix et la plume) une recherche photographique sur « Christ s’est arrêté à Eboli » de C. Lévi est publié par les éditions MMMAC Paestum. Le livre est d’un format 29x29 cm avec 384 pages et 400 photographies.

De 2004 à 2006, Le livre et l’exposition ont été présentés en Basilicate à Aliano, Grassano, Tricarico, Potenza, Matera et Salerno.

Avril 2006, Montpellier. L’exposition « La roue, la croix et la plume » est accrochée au château de Castries dans le cadre des Rencontres Méditerranéennes 2006, un festival de manifestations culturelles organisé par l’Hérault.

Janvier 2007, New York - Début d’une recherche photographique et documentaire sur un des plus importants documents fondateurs des États-Unis, la déclaration d’indépendance. La recherche se concentre sur les descendants des signataires de la Déclaration. Le travail de recherche est commencé dans l’état de New York, dans un second temps, il se poursuivra les autres états américains et dans un troisième moment sur les descendants vivants dans les autres états du monde. Travail en suspens.

En mars 2011, lié par un profond attachement au Japon, Antonio Pagnotta va mettre en suspens tous ses projets en cours et va travailler exclusivement sur les conséquences du désastre nucléaire de Fukushima. Il publie dans VSD « Comme un poison dans l’eau » sur la contamination de la nourriture par les particules radioactives, et « Le dernier samouraï de Fukushima » à propos d’un agriculteur qui a refusé l’évacuation et protège les animaux. Ce sujet va être un reportage de fond qui continue jusqu’en 2015.

Durant 2012, les parutions se poursuivent avec VSD et Friday au Japon sur le triple désastre nucléaire de Fukushima et les conséquences sociales. En particulier en juin, Médiapart publie 7 portfolios sur son travail documentaire : http://www.mediapart.fr/portfolios/fukushima-17-le-dernier-homme

Deux ans après le désastre nucléaire japonais, Antonio Pagnotta publie « Le dernier Homme de Fukushima » aux éditions Don Quichotte Paris. C’est un livre document (texte pas de photos) à propos de Naoto Matsumura, un agriculteur qui a refusé l’évacuation et protège les animaux survivants. Ce reportage de fond sur Naoto Matsumura se poursuivra jusqu’en 2015.

Un plus tard, en 2014 ; Pour ce livre Antonio Pagnotta reçoit le 30 Novembre le Prix du Livre Environnement 2014 décerné par la MNEI.

http://www.mnei.fr/index.php/10e-prix-regional-du-livre-environnement-decouvrez-le-laureat-2014/

Un dernier scoop vient étoffer son travail sur Fukushima. Le 12 mars 2015, Paris Match publie son reportage sur le bébé « miracle » du dernier homme de Fukushima.

http://www.parismatch.com/Actu/International/L-enfant-miracle-de-Fukushima-Naoaki-723980

Son dernier livre « Le christ nuclèaire » est un roman inspiré de ses péripéties, et connaissances dans le monde de l’écologie, de l’énergie nucléaire et des militants. Sous l’apparence d’une fiction romancée, ce techno thriller écologique raconte ce que serait un Fukushima français.

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