Gilles Guigues

Gilles Guigues est un philosophe et écrivain français né à Marseille. Après avoir obtenu un doctorat d'esthétique, philosophie de l'art, il a consacré plusieurs articles à la philosophie, à la littérature ou à l'art - voir toutes les publications dans un site qui est consacré à l'auteur ainsi que son parcours universitaire.

Ci-après les ouvrages publiés :

« Rainer Maria Rilke, l’existence en figures. Étude philosophique du poétique » aborde l'œuvre du poète autrichien d'un point de vue philosophique, afin de valoriser les multiples correspondances qu’il instaure, dans une relation étroite, entre son intériorité et le monde. Mais, pour en rendre compte, sa poésie emprunte la voie détournée des figures. Ainsi son œuvre cherche-t-elle à exprimer au plus près l’existence de manière transformée, par une mise à distance avec son objet d’attention. Telle est, notamment, la mission de la figure de l’ange : faire le lien avec l’indicible.

Si cela rend parfois difficile l’accès à sa poésie, celle-ci s’éclaire quand on la confronte à son importante correspondance. Comme ses poèmes, ses lettres obéissent à l’exigence littéraire la plus ambitieuse. Que l’on se livre à des allers-retours entre ces deux formes d’écriture, on s’apercevra alors que Rilke se confronte avec vigueur à la langue pour repousser toujours plus loin les modalités expressives.

« Recueillement de Socrate. Sur l’âme, source et principe d’existence » montre l'exigence morale du philosophe devant l'épreuve de la mort, et tente aussi de dégager quelques principes moteurs de sa pensée dans la relation jamais interrompue au dialogue, à la transmission. Entre la solidité de la raison et la spiritualité la plus haute, Socrate a fait preuve sans faiblir d'une grande force d'âme et d'un courage résolu pour se montrer digne jusqu'à la fin face à ses juges et face aux siens. Aussi a-t-il pu faire partager dans ce dernier dialogue sa "belle espérance" : croire, ici-bas, en l'immortalité des âmes.

« La vertu en acte chez Aristote. Une sagesse propre à la vie heureuse » : l'ouvrage fait apparaître que si la vertu ne naît pas naturellement en l’homme, néanmoins celui-ci est par sa nature même prédisposé à l’acquérir, dans la mesure où il appartient à chacun de la cultiver par de bonnes habitudes de vie et de la concrétiser dans des actes. Par son comportement vertueux, l’homme peut accomplir dans l’action ce qui lui convient le mieux et ce qui profite à la Cité. Il ne s’agit pas de viser le bien en soi mais de se montrer capable de faire du bien. Car toute conscience morale, qui vise le bien sans emprunter les moyens utiles pour y parvenir, reste vaine, sans effets. Il ne suffit donc pas d’être porté par une louable intention à propos d’une situation, il faut encore de façon raisonnée pouvoir agir en fonction des circonstances particulières que ladite situation requiert, vis-à-vis des personnes idoines, de la façon qui convient. Fruit de la délibération, la vertu exige une manière d’être et d’agir des plus belles, en adéquation avec de nobles principes de vie. Ainsi se marque la sagesse pratique de l’homme qui, en mesure de réaliser sa vertu en acte, atteint alors la fin la meilleure qui soit : la vie heureuse.

« Promenades athéniennes. Un récit philosophique » met aux prises un universitaire grec, avec l'histoire qui a imprégné le lieu, l'Attique. Kostas, professeur de philosophie à l'Université d'Athènes, décide de quitter ses fonctions. Porté par le plaisir de la marche, il a l'habitude de déambuler dans la ville et sa campagne environnante. Toutefois, à l'occasion d'un de ses parcours, il cesse d'en tirer un quelconque plaisir. Vient le moment d'être plus attentif aux choses et aux êtres qui l'entourent, de porter un regard aiguisé sur les vestiges disséminés dans l'Attique. Cette nouvelle tournure d'esprit l'amènera à se consacrer à l'écriture d'un livre sur la mythologie grecque et son rapport à la philosophie. Elle bouleversera sa relation avec son épouse Clio.

« Vie d'un philosophe romain » : Pompéi, 79 apr. J.-C. Un jour comme tous les autres, Lucius, honorable patricien et philosophe formé à l’école stoïcienne ne parvient plus à affronter une existence qui, jusqu’alors, offrait aux yeux de tout un chacun l’apparence de la prospérité́ et du bonheur parfait.

Depuis plusieurs mois déjà, en proie à un profond désarroi, il n’arrive plus à calmer le tourment qui affecte son esprit, le submergeant de façon constante par une intense angoisse : ni les fonctions publiques qu’il exerce, ni l’amour de son entourage ne sont en mesure d’estomper ce sentiment de ruine intérieure dont il ne peut se défaire. Une prise de conscience salutaire va lui permettre de trouver un réconfort moral dans l’étude et il mettra à profit cette nouvelle vigueur pour réinvestir son goût pour la chose philosophique.

Cette paix intérieure retrouvée, fruit d’un long travail d’introspection, sera toutefois mise à l’épreuve par l’éruption du Vésuve...

« Lieux-dits » est un recueil de nouvelles qui se situe de nos jours, en Italie. S'il s'appuie sur de grandes villes de la péninsule, comme Naples, Palerme, Rome, Florence et Venise, c'est pour mieux s'en écarter ; gravitant dans ses alentours proches, à la recherche des endroits reculés, moins fréquentés. En s'engageant dans des méandres insolites, le récit met à jour l'âme du lieu ; souvent, au contraire, c'est le site qui l'inspire par son génie propre. Ici, la nature sauvage recouvre ses droits et l'art se fait révélation ; là, l'existence se découvre dans les résurgences d'un passé lointain et le paysage dévoile toute sa religiosité.

« À couvert de frais ombrages » : dans une forme de libre poésie, ce recueil de textes vise à rendre justice aux choses qui s'évanouissent dans de fugaces sensations afin d'en éterniser la présence concrète. Il cherche à nouer un rapport à l'expérience singulière, à en traduire une forme de vérité par la résonance sensible qui se propage au travers de l'émotion ressentie face au génie du lieu : nature sauvage, paysage champêtre, eaux dormantes, futaies, criques et autres grèves sableuses. Il en va de même quand il s'agit de parcourir la ville en quête de son cœur battant où se joue l'humaine condition ; lorsque, vestiges remontés des temps anciens, figures mythologiques et œuvres d'art s'inscrivent au présent comme des survivances par lesquelles se révèle l'âme du monde.

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