Sandrine Lefebvre-Reghay est née le 31 mai 1973 à Villeneuve-La-Garenne dans les Hauts-de-Seine, est un écrivain, fondatrice du webmagazine Taqaf’An (2011-2015), conseil éditorial multicanal et à l'origine de la création de SYNPÉO, le syndicat des professionnels de l'écrit online.
Entrée dans la vie littéraire en 2001, elle a occupé des fonctions très diverses avant de s’expatrier au Maroc en 2003. Cadre dirigeante d’entreprises, elle abandonne ses fonctions en 2009 pour se consacrer pleinement à l’écriture sous toutes ses formes. Presse écrite, littérature, presse d’entreprise et rédaction web rythment alors son quotidien, ce qui l’amène à fonder SL Communication au Maroc puis SL Rédac en France (2018), deux agences éditoriales sous statut de micro-entreprise. Elle développe également un projet de recherche sur l'impact du numérique dans l'acte d'écrire dans le cadre de sa thèse préparée au sein de l'école doctorale Abbé Grégoire du CNAM.
Enfance
Sandrine Lefebvre-Reghay est la fille d’un commercial en sidérurgie, devenu commerçant dans les années 80, et d’une mère agent de la fonction publique hospitalière. Ses parent divorcent alors qu’elle n’a pas 6 ans. Elle a deux frères.
Elle se passionne pour le monde arabe dès l’âge de 10 ans après avoir visionné chez sa grand-mère qu’elle adule le chef d’œuvre de David Lean : Lawrence d’Arabie. Enfant solitaire, elle commence à écrire dès l’âge de 12 ans. Sa première lecture d’une œuvre de Balzac, étudiée en classe de troisième au collège Charles Fauqueux de Beauvais, marque à jamais son gout prononcé pour les œuvres du XIXe siècle en général et pour cet écrivain en particulier. Viennent ensuite tous les auteurs du XVIIe et plus particulièrement Pascal, dont elle admire l’idée du Pari. Molière, La Fontaine, La Rochefoucault, Mme de la Fayette, le Cardinal de Retz… sont vite rejoints par Marivaux, Chamfort, Camus, Gary et tant d’autres dans sa bibliothèque.
Carrière littéraire
Son premier roman, L’enfant maudit, est publié pour la première fois en 2001. Roman à plusieurs voix commencé par un tête-à-tête poignant entre Jeanne, jeune femme internée en hôpital psychiatrique et Antoine Avempace, docteur en psychologie. De cette rencontre tant attendue naît un récit longtemps demeuré enfoui dans la mémoire de l’enfance dont la conscience de Dieu sauve ou ne sauve pas de la folie...
L’appel du désert, son second roman, paraît pour la première fois en 2009. Mystique, ce livre expose la vision d’un monde tyrannique qui s’oppose à celui de la communauté des croyants, composée des gens du livres. Très personnel, ce livre à codes reste une énigme pour ses lecteurs.
De projet en projet, elle est amenée à collaborer avec les éditions Wartberg pour l’écriture d’une première monographie en 2010, Nous les enfants de 1931, écrite en hommage à sa grand-mère ; et Notre enfance au Maroc, parue en 2017.
En 2013, son troisième roman paraît : Sawsan. Très différent des précédents, il garde toutefois la caractéristique des ouvrages de Sandrine Lefebvre-Reghay : commencer par la fin. C’est ainsi que l’on découvre Sawsan Idrissi, créatrice Haute Couture marocaine, tragiquement décédée dans un accident de voiture et dont l’histoire est relatée par une amie journaliste.
Elle écrit également des contes pour enfants, dont Au pays des mots magiques, ce qui l’amène à accepter de revisiter les Histoires des prophètes pour les expliquer aux enfants à la demande des éditions Charraoui en 2017.
L’année suivante, elle publie Mémoire d’un patrimoine vivant qui reprend ses meilleurs articles parus dans le magazine Maisons du Maroc, comme pour dire à ce pays qu’elle aime tant qu’elle ne l’a pas oublié.
En 2019, ce sont ses Petites fugues qui suscitent l’intérêt. Petites bulles de créativité loufoque, elles se déclinent en quatre nouvelles qui étudient la difficulté à communiquer ses sentiments.
Cependant, de tous ses ouvrages, c’est sans nul doute Envol en voile qui retient le plus l’attention. Ayant pour thématique l’islam, ce livre est le premier de ses ouvrages à se présenter sous forme de témoignage. Il décrit son cheminement religieux de l’enfance jusqu’à sa décision de porter voile en 2009, abandonné en 2019 à la suite d’une agression verbale assez violente subie dans le métro parisien. Ce livre constitue une réponse aux multiples demandes spontanées qui lui ont faites à ce sujet et son choix de s’expatrier au Maroc jusqu’en 2016.
Activité journalistique
De 2010 à 2016, elle a mené une carrière de journaliste freelance pour des revues spécialisées (Brand Up, Maisons du Maroc, C’est à Vous du Medef), un City Guide (Casa-Rabat Pocket). Elle a surtout réalisé de très nombreuses interviews d’anciens de grandes écoles françaises (Polytechnique, HEC ?, Ponts, Centrale…).
Mais, au fil du temps, à la faveur de ses différentes missions réussies auprès d’entités et d’institutionnels souhaitant vulgariser leurs enjeux, elle a réalisé que sa passion de l’écrit dédié aux entreprises était bien plus grande que celle qu’elle nourrissait pour la restitution de faits d’actualité. Cela était d’autant plus vrai que ses expériences lui avaient permis de toucher du doigt les contours parfois flous du journalisme, notamment sur le web : un constat au cœur de son projet de création d’une association des professionnels de l’écrit pour que leur soit reconnu leur droit à la signature.
En effet, si elle n’est pas une journaliste dans l’âme, elle aime à se définir comme une professionnelle de l’écrit, de tous les écrits.
L’aventure Taqaf’An
En 2011, sensible à la culture et à son actualité, elle décide de créer un webmagazine qui lui est entièrement dédié : Taqaf’An, signifiant littéralement « la culture de l’Art » en arabe. Ce webmagazine porte en lui toutes les aspirations d’un Maroc d’avenir à l’origine du site.
En effet, à la suite des révolutions arabes, il y a dans le Maroc d’alors un réel désir d’épanouissement de la culture ; un désir insufflé par les plus hautes instances de l’état et relayé par « l’action culturelle directe ». En 2010, par exemple, sous la Présidence du roi Mohammed VI, une convention-cadre de 122 projets, dont 28 consacrés la culture et relative à la gestion des projets de l’Initiative nationale pour le Développement Humain, est signée dans la préfecture de M’diq-Fnideq entre les différents acteurs des projets concernés notamment par le ministre de la Culture. A cela s’ajoute le développement de la vision Maroc 2020 pour atteindre la dimension de « Maroc souhaitable ». Ces axes importants sont alors confortés par l’article 33 de la nouvelle Constitution marocaine, adoptée par référendum le 1er juillet 2011, dans lequel il est rappelé que les pouvoirs publics doivent : « (…) prendre toutes les mesures appropriées en vue de (…) faciliter l’accès des jeunes à la culture, à la science, à la technologie, à l’art, au sport et aux loisirs, tout en créant les conditions propices au plein déploiement de leur potentiel créatif et innovant dans tous ces domaines. Il est créé à cet effet un Conseil consultatif de la jeunesse et de l’action associative. »
Dans ce contexte nouveau, l’intérêt pour la culture semble réel, mais abordée sur une ou deux pages des revues ou des quotidiens. Et, s’il existe bien des magazines spécialisés dans les arts graphiques, il n’en existe aucun, à proprement parler, dédié à la culture dans sa diversité. Enfin, les artistes et intellectuels reconnus étant la cible privilégiée des supports existants, et non les jeunes talents, Taqaf’An s’est nourri de tous ces constats pour proposer un support numérique innovant proposant une riche actualité, des reportages, des interviews et un agenda mis à jour en temps réel. Cependant, faute de soutien, la site a définitivement cessé d’être en ligne en 2014, trois ans après sa création.
Activité de chroniqueuse
En 2010, elle a tenu la rubrique Déco dans la matinale de Chaîne Inter.
Activité d’entrepreneuse
Si Sandrine Lefebvre-Reghay ne vit que pour écrire, elle a également la passion d’entreprendre que lui ont transmis l’ensemble des chefs d’entreprise qu’elle a été amenée à interviewer. C’est ainsi qu’elle a créé au gré des situations différentes structures en France et au Maroc :
2010 : création de SL Communication, agence éditoriale (Maroc)
2011 : création de Taqaf’An, premier webmagazine relatant l’actualité culturelle au Maroc.
2018 : création de SL Rédac, agence de conseil en rédaction multicanal (France)
Dans le cadre de ses missions, elle a constaté un flou juridique sur les productions écrites numérique. Elle a ainsi développé la théorie de l'or violet et posé la question de la pertinence de la création du droit à la signature des rédacteurs web.