Antoine Chareyre (né en 1980) est d'abord un lecteur qui place l'objet imprimé au-dessus de bien des choses de ce monde, & un chercheur indépendant ; par la force des choses, traducteur (du portugais brésilien, & parfois de l'espagnol), préfacier, postfacier, annotateur & bibliographe, toutes fonctions opiniâtrement assumées ; accessoirement professeur agrégé de lettres modernes ; membre de l'Association des Traducteurs Littéraires de France (ATLF) & élève de l'École de Traduction Littéraire (ETL-CNL, promotion 2015-2016).
Quelque peu versé dans la critique & l'histoire des avant-gardes du début du XXe siècle, en France, en Europe, & attentif, en comparatiste, aux échanges propres à l'avant-garde internationale de la même époque, il s'attache volontiers, comme traducteur & concepteur d'ouvrages, à donner à lire & à comprendre les modernités latino-américaines, en particulier la production du Modernisme brésilien des années 1920, dont il a édité à ce jour quelques représentants illustres ou négligés, poètes (Oswald de Andrade, Luís Aranha, Sérgio Milliet) & prosateurs (António de Alcântara Machado, Patrícia Galvão), mais aussi les chroniqueurs & exégètes (Mário de Andrade, Haroldo de Campos) -- en attendant l'œuvre poétique & critique de Mário de Andrade & les essais socio-historiques de Paulo Prado, parmi d'autres volumes en préparation dans ce domaine en pleine friche éditoriale. Son goût prononcé pour les radicalités poétiques & formelles, pour les curiosités historiques & les grands oubliés du système littéraire mondial, l'a également mené à se pencher sur le Stridentisme mexicain, en consacrant un volume au poète Manuel Maples Arce, avant d'autres.
Il traduit le plus souvent, on le voit, des auteurs morts & enterrés, mais que lui signale une écriture toujours vive, & point trop courus.
Pour ce faire & ce faisant, il collabore généralement avec de petits éditeurs indépendants, & fabrique ainsi des livres. Avec patience & ferveur. Il suppose que les lecteurs prennent leurs responsabilités.
Toujours soucieux, précisément, d'accroître le nombre de ses non-lecteurs, Antoine Chareyre anime confidentiellement le blog Bois Brésil & Cie. (http://boisbresilcie.blogspot.fr/), consacré à ses recherches personnelles, à l'histoire & à la postérité critique du Modernisme brésilien, ainsi qu'à l'actualité éditoriale & culturelle française autour de ce mouvement. Il ne communique pas sur F******k, ni sur T*****r.
Chemin traçant, & une chose en entraînant une autre, il n'est pas non plus indifférent à l'histoire culturelle, sociale & politique du Brésil, notamment moderne & contemporain, abordée à travers les textes littéraires eux-mêmes, ou en traduisant articles & ouvrages de chercheurs.
Bibliographie détaillée & références critiques complètes sur le répertoire de l'ATLF : http://www.atlf.org/members/chareyre1/
Dossier de presse 2010-2015 : http://boisbresilcie.blogspot.fr/2015/09/pro-domo.html
Quelques avis de la critique autorisée:
« Par la grâce d'un érudit minutieux et passionné, voici que nous revient, superbement traduite, l'œuvre d'un poète mexicain dont le retentissement dans les années vingt du siècle dernier fut sans doute aussi grand que celui d'un Rubén Darío à la génération précédente. Sous forme de documents graphiques, de manifestes et d'une minutieuse étude des textes intégralement reproduits et traduits, le singulier mouvement "stridentiste" reparaît ici en une trajectoire ressuscitée. [...] Ajoutons seulement que le travail du traducteur et commentateur, Antoine Chareyre, est tout à fait remarquable, tant par sa substantielle postface, qui est un véritable essai, que par les notes abondantes que pour une fois on a toujours plaisir à lire. »
(Jacques Fressard, « Maples Arce le stridentiste », La Nouvelle Quinzaine Littéraire, n°1094, 1er-15 décembre 2013.)
« Avant ce jour, Manuel Maples Arce n'avait été donné à lire qu'une fois aux lecteurs francophones, c'était en 1936 [...]. Soixante-huit pages en quatre-vingt ans, ça n'était pas de trop pour ce Mexicain moderniste, [...] traduit par John Dos Passos en 1929, [...] dont la modernité indéniable avait échappé de ce côté de l'Atlantique. [...] Servi avec de très belles gravures d'époque dans un agréable et souple volume sur papier couché, ses œuvres sont désormais accessibles, traduites et commentées par Antoine Chareyre qui nous éclaire sur le personnage. [...] À l'époque où les avant-gardes se pressaient à s'en user les coudières, il est juste de rendre au Stridentisme sa place et ses écrits. [...] Plein de charme et de vigueur, il est le frère des poètes des années 1920, celui qui revient et que l'on ne peut plus négliger. »
(Éric Dussert, « Manuel Maples Arce et le stridentisme », billet du 16 mars 2014 sur L'Alamblog.)
« L'éternelle juvénilité des avant-gardes paraît une nouvelle fois prouvée, avec ce livre d'Antoine Chareyre, qui rend au poète mexicain Manuel Maples Arce la place qui lui revenait déjà de droit parmi les inventeurs poétiques des années vingt du XXe siècle. Car il aura fallu qu'un Mexicain né en 1900, un Chilien né en 1953 [Roberto Bolaño], un Français enfin, né dans les années quatre-vingt, tous trois jeunes poètes, l'un traducteur, se rencontrent par-delà les générations pour que naisse enfin cette édition en français du manifeste inaugural et des recueils de poésie stridentistes du premier d'entre eux. [...] L'édition d'Antoine Chareyre est précieuse car les poèmes sont présentés en version bilingue, les maquettes et couvertures initiales des recueils, reproduites en fac-similé. Et c'est l'esprit même du groupe stridentiste qui apparaît là, fondé sur la complicité entre écrivains et artistes visuels [...]. Le format du livre édité par le Temps des Cerises se prête élégamment à cette mise en valeur de l'interprétation réciproque des textes et des images. »
(Florence Olivier, « Notes de lecture », Europe, n°1020, avril 2014.)
« Ces œuvres, oubliées et sous-estimées, sont remises en lumière par cet ouvrage. [...] Le stridentisme étant encore méconnu en France, l'ouvrage affiche son but didactique. [...] La postface permet enfin une approche historique des textes et du parcours du poète. Plus qu'un simple recueil de textes, l'ouvrage souhaite faire connaître cet élan intellectuel souvent ignoré. [...] Les fondements, les motivations et la portée du stridentisme sont ainsi mis en lumière, une lumière qui jette encore des feux pour notre temps. »
(Ambre Blondeau, « Stridentisme », La Revue du Projet, n°38, juin 2014, en ligne.)
« Encadré - et avec quel panache - par un prologue en coup de gong de Liliane Giraudon et la longue postface du traducteur, Antoine Chareyre, Parc industriel [...] réserve quatre chocs successifs. [...] le quatrième choc, non le moindre, c'est l'écriture [...]. La fermeté de la traduction, directe et transparente aux non-dits, n'est pas étrangère au charme de la lecture. [...] Dans les notes et la postface, minutieusement, passionnément, Antoine Chareyre donne le contexte historique, le mouvement des avant-gardes de l'époque, la fortune critique du livre, et replace celui-ci dans le parcours biographique de Galvão. [...] Il adresse habilement ce roman d'une "vaincue de l'histoire", englouti par la défaite des idées qui l'ont suscité, à ceux "qui ne regimbe[nt] pas à fréquenter [...] les genres mineurs ou la littérature de genre". Mais en laissant l'avenir ouvert, car Pagu est devenue une légende. »
(Odile Hunoult, « Le "roman prolétaire" de Pagu », La Nouvelle Quinzaine Littéraire, n°1135, 16-30 septembre 2015.)
« L'ouvrage a été édité avec un grand soin, reprenant certaines des caractéristiques typographiques de l'édition originale, ce qui en fait un bel objet livre. La traduction a très bien su faire passer la singularité de cette voix littéraire, sans chercher à esquiver les rugosités, sans non plus les souligner. Un abondant appareil de notes et une copieuse postface témoignent en outre de l'engagement du traducteur dans cette entreprise éditoriale. »
(Corinna Gepner, « Lusophonies », chronique du 29 avril 2015 sur le site de l'ATLF, à propos de Parc industriel de Patrícia Galvão.)
« [...] un mode vif et imagé par des dialogues que la traduction d'Antoine Chareyre sert très bien. »
(Éric Dussert, « Zola sous cocaïne », Le Matricule des Anges, n°162, avril 2015, à propos de Parc industriel de Patrícia Galvão.)
« Le livre se referme sur une postface scrupuleusement documentée du traducteur Antoine Chareyre. »
(Frédérique Guétat-Liviani, à propos de Parc industriel de Patrícia Galvão, sur le site Sitaudis, 20 avril 2015.)
« Pour finir, j'aimerais observer qu'avec cette excellente traduction, Antoine Chareyre fait un pas de plus pour permettre au lecteur français d'entrer en contact avec un ensemble représentatif d'œuvres de notre modernisme. Après avoir traduit Oswald de Andrade et Haroldo de Campos, il se consacre actuellement, comme j'ai pu l'apprendre, à l'œuvre poétique et critique de Mário de Andrade. Ces traductions s'appuient toujours sur des notes éclairantes et d'excellents dossiers critiques. L'importance de ce projet de traducteur et commentateur est une évidence non seulement à chaque nouvelle préface ou postface, proposant des parcours interprétatifs utiles aussi bien au lecteur ordinaire qu'au spécialiste, mais également dans les critères qui orientent ses choix. Éloigné des règles du marché éditorial et cohérent avec ses options théoriques, Antoine Chareyre a réussi à mettre en lumière des œuvres qui, même au Brésil, figurent habituellement au second plan, comme c'est le cas pour Luís Aranha et Sérgio Milliet, et à présent pour Alcântara Machado. »
(Augusto Massi, « Notes de lecture », Europe, n°1012-1013, août-septembre 2013.)
« Le nom d'Antoine Chareyre se trouve associé à la traduction en français d'œuvres stimulantes du Modernisme brésilien. Après avoir offert aux lecteurs français, en 2010, quatre traductions, parmi lesquelles l'indispensable Bois Brésil d'Oswald de Andrade, le traducteur propose à présent le livre Pathé-Baby de António de Alcântara Machado, une œuvre qu'il n'a pas seulement traduite, mais qu'il insère également dans le contexte de l'époque et qu'il présente longuement dans une postface richement développée. [...] La qualité du travail de traduction et de présentation réalisé par Antoine Chareyre ne fait pas seulement de cette édition de Pathé-Baby un livre d'une lecture agréable, elle met à la portée des lecteurs français l'une des œuvres les plus originales de son époque. »
(Cristina Duarte-Simões, compte-rendu en portugais, Reflexos, revue pluridisciplinaire du monde lusophone, n°2, 2013, en ligne.)
« Avec les livres de Sérgio Milliet, de Luís Aranha, l'essai d'Haroldo de Campos, ce n'est pas une édition que propose Antoine Chareyre, c'est une salve. Pour sortir les Français de leur torpeur ? de leur surdité à l'encontre du modernisme brésilien, incompris, inconnu pendant une cinquantaine d'années, exhumé à la fin des années soixante-dix, puis retourné progressivement à une indifférence polie, sporadiquement secouée par quelques activismes ? Bois Brésil [d'Oswald de Andrade] est l'un des commencements, l'une des clés de voûte de ces fécondes années vingt. [...] [Cette poésie] est de fait difficilement appréciée de qui ne dispose pas des implicites. Or c'est précisément ce que s'emploie à éclairer le maître d'œuvre de cette édition au fil de sa préface, des 151 notes de la préface, de celles non moins abondantes accompagnant la traduction, et des bibliographies. Par certains aspects, ce travail [...] témoigne d'une forte empathie avec son objet, ambitieusement vorace et passionné. [...] Il reste donc à explorer, à interpréter, dans cet ensemble Pau Brasil et moderniste, et c'est tant mieux. Cela donne raison à Antoine Chareyre lui-même, qui souligne l'actualité toujours vivante et intempestive de ces textes. »
(Michel Riaudel, « Notes de lecture », Europe, n°985, mai 2011.)
« Voici la première version française intégrale d'un ouvrage dont l'édition en langue originale a été publiée à Paris en 1925. Cette singularité s'explique par la fabuleuse histoire des échanges Paris-São Paulo et retour, contée par Antoine Chareyre dans sa présentation de Bois Brésil et du Manifeste d'Oswald de Andrade. Au lecteur qui a coutume de laisser de côté les préfaces, nous conseillons de lire celle-ci, sans laquelle le poème et le manifeste ne révèlent pas tout leur sens. Pour qui veut en savoir plus, les notes détaillées en fin d'ouvrage sont enrichissantes. »
(Françoise Han, « La poésie d'Oswald de Andrade », Les Lettres Françaises, n°78, janvier 2011.)
« [...] ces deux traductions [Luís Aranha et Sérgio Milliet] qui feront date dans la diffusion d'un mouvement qui marque l'autonomie décisive de cette littérature. [...] Les trois ouvrages [avec Oswald de Andrade] permettent, grâce à des dossiers critiques d'une exceptionnelle richesse et une bibliographie précieuse sur tout ce qui s'est imprimé sur la question, de prendre la mesure de l'héritage de la modernité française, et essentiellement de Cendrars, sur l'émergence et la différenciation de la modernité brésilienne. En ce sens, ils intéressent tous ceux qui sont attentifs à la trajectoire internationale des avant-gardes et de la poésie du XXe siècle. »
(Pierre Rivas, « Notes de lecture », Europe, n°984, avril 2011.)