Carla Rossi, philologue romane et historienne de l’art, est active dans le monde académique depuis 1990. Habilitée à enseigner les littératures françaises médiévales (langue d’oc et langue d’oïl) ainsi que la littérature italienne médiévale et de la Renaissance au niveau universitaire, elle consacre ses recherches à la philologie italienne, ancienne française et latine, avec une attention particulière portée aux manuscrits médiévaux, à leur transmission, à leur conservation et à leur reconstruction numérique lorsqu’ils ont été démembrés.
Ses recherches couvrent aussi bien les éditions critiques de textes médiévaux latins, anciens français et italiens que des études consacrées à Marie de France, au milieu intellectuel de Thomas Becket, à Alain de Lille, Chrétien de Troyes, Dante Alighieri et Agnolo Bronzino.
Ces dernières années, elle a ouvert de nouvelles perspectives de recherche sur la contribution des femmes à la production du livre, en s’intéressant tout particulièrement aux enlumineuses du Moyen Âge et de la Renaissance, au canon iconographique féminin et à l’histoire de la réception. Son ouvrage *Beyond the Margins. Female Illuminators in Medieval and Renaissance Europe* (Ethics International Press, 2025) figure parmi les premières études systématiques consacrées à ce sujet. Elle a également rédigé des commentaires scientifiques pour des éditions en fac-similé de manuscrits enluminés, fondés sur des recherches archivistiques, philologiques et codicologiques portant sur des codices individuels.
Depuis 1996, elle travaille sur le manuscrit Royal 16 E VIII du British Museum, volé en 1879. Cette enquête, traduite en plusieurs langues, dont le japonais (*A Clue to the Fate of Royal 16 E VIII*, Université d’Hiroshima), a abouti à la publication, en 2024, de *The 1879 Theft of Royal MS 16 E VIII from the British Museum* (Cambridge Scholars Publishing).
Formée à l’Université La Sapienza de Rome, elle a poursuivi ses études en Suisse, où elle a obtenu un doctorat en philologie romane à l’Université de Fribourg, deux habilitations universitaires à l’Université de Zurich, puis le titre de *Titularprofessorin* dans cette même université, obtenu à l’issue d’une procédure de sélection distincte. En Italie, elle a obtenu l’*Abilitazione Scientifica Nazionale* lui permettant d’exercer comme professeure ordinaire. Avant de prendre une retraite anticipée, elle a enseigné et mené des recherches dans plusieurs universités européennes prestigieuses. Elle est fondatrice et directrice de l’ISFiDa, rédactrice en chef de *Theory and Criticism of Literature and Arts*, membre d’honneur de l’OProM (Organisation pour la Protection des Manuscrits Médiévaux, Paris) et, depuis avril 2026, directrice d’une fondation culturelle établie à Venise.
Elle est fondatrice et directrice de l’ISFiDa, rédactrice en chef de *Theory and Criticism of Literature and Arts* et membre d’honneur de l’OProM (Organisation pour la Protection des Manuscrits Médiévaux, Paris).
En 2006, elle a lancé le projet *Biblioclasm & Digital Reconstruction*, destiné à documenter et à reconstruire numériquement plus de 500 manuscrits démembrés. Elle enseigne la philologie romane et la reconstruction codicologique dans plusieurs universités européennes et codirige la collection *Biblioclasm and Digital Reconstructions* (Cambridge Scholars Publishing).
Depuis 2022, ses recherches portent également sur l’histoire du manuscrit turinois MS E.V.5, dont trois feuillets enluminés furent découpés en 1979. En reconstituant la provenance de ces feuillets à partir des catalogues de vente, des sources d’archives et des données codicologiques, elle a documenté leur circulation sur le marché international de l’art et contribué à la reconstitution de l’histoire moderne du manuscrit. Ces travaux s’inscrivent dans ses recherches plus générales sur la biblioclastie, la dispersion illicite des manuscrits médiévaux et la protection juridique du patrimoine culturel.
Elle travaille également comme traductrice de l’allemand (notamment pour les éditions Sellerio, sur les œuvres de Károly Kerényi) et comme médiatrice culturelle avec Alef Yayinevi à Istanbul.
Depuis 2023, elle participe à des projets interculturels réunissant chercheurs et artistes en Turquie et en Israël (notamment Moran Magal et Kobi Farhi).
Entre 2023 et 2026, elle a publié de nombreuses études consacrées à la philologie matérielle et à l’histoire culturelle du livre, abordant les questions de responsabilité scientifique et de transparence méthodologique. Son profil académique officiel, comprenant des éclaircissements sur la campagne diffamatoire dont elle a été victime après avoir signalé aux Carabinieri pour la protection du patrimoine culturel (TPC) des marchands impliqués dans la biblioclastie entre 2022 et 2024, est désormais disponible sur Zenodo avec un DOI.
Jordi Puig lui a consacré un ouvrage analysant la violente campagne de haine orchestrée contre elle par des marchands d’art qu’elle avait signalés aux autorités, campagne accompagnée de graves menaces de mort (circonstances ayant conduit à deux procédures judiciaires). L’ouvrage, intitulé *#ReceptioGate. The ReceptioGate Affair 2026: New Evidence on Peter Kidd, the Sotheby's Sale of Stolen Leaves from Turin MS E.V.5, and the Defamation Campaign that Followed*, est disponible en libre accès.