Actuellement retraité de l’université de Poitiers, conseiller culturel honoraire du Ministère des Affaires étrangères, agrégé de Lettres Modernes et docteur ès-lettres, José Alvès est né dans les régions montagneuses du nord du Portugal en 1941. De là sont partis vers la France les premiers contingents migratoires pour travailler dans le bâtiment et reconstruire une France qui avait souffert des bombardements de la seconde guerre mondiale, surtout en Normandie. Après le père de famille qui avait traversé les frontières clandestinement, toute la famille peut émigrer légalement et se retrouve dans le Cotentin en 1948.
Le petit José entre à l’école communale à l’âge de sept ans, joue avec ses camarades dans les ruines de la ville de Coutances où peu de bâtiments étaient encore debout et où on trouvait dans les caves, en quantité, des armes et des munitions de guerre. Sur le chemin de l’école, il regarde avec étonnement les champs de pommiers convertis en cimetière ; y reposent des soldats de toute nationalité, tués lors du débarquement des Alliés et des batailles qui s’en suivirent. Une expérience qui le rendra pour toujours sceptique à l’égard des leçons de morale que les adultes pourront lui donner par la suite mais certain d’une chose : la barbarie relève de la condition humaine.
Après sa sortie de l’université, il est d’abord professeur de français dans l’enseignement secondaire, puis de portugais à l’université de Poitiers. En 1983, il y devient directeur adjoint de l’office audio-visuel universitaire jusqu’en 1987. A cette date, commence pour lui une expérience africaine, d’abord au Rwanda de 1987 à 1992, comme professeur de français à la faculté des lettres et sciences humaines de Ruengheri, un poste qu’il doit abandonner à cause de la guerre civile, puis comme conseiller au développement humain à Maputo au Mozambique, de 1992 à 1996, dans un pays ravagé par trente ans de guerre, guerre d’indépendance puis guerre civile. Contrairement au Rwanda, l’ONU et la communauté internationale réussissent à faire en sorte que le Mozambique accède à l’état de droit.
En tant qu’observateur désigné pour vérifier le bon déroulement des élections dans un bureau du centre de Maputo, il n’oubliera jamais les longues files de Mozambicains, arrivés devant les bureaux de vote la veille du scrutin, tant était grand leur désir de participer à des élections libres qui pouvaient apporter la paix. La plupart des votants étaient analphabètes mais ils avaient bien compris l’importance de l’enjeu.
De 2000 à 2004, il est détaché au département de français de l’université de Sfax en Tunisie et découvre un pays méditerranéen et musulman, le plus ouvert à la modernité de tous les pays musulmans qu’il avait visités jusqu’alors.
Depuis sa retraite en 2005, José Alvès se consacre à l’écriture d’ouvrages de fiction, sans renoncer à publier de temps à autre des articles de recherche. Après un roman existentiel d’anticipation, intitulé "Il manque un doigt dans la main de Dieu", il a également publier un roman policier intitulé "Enquête policière au Portugal".