Née à Grenoble en 1988, Florence Sand suit des études d’ingénieur en Génie Industriel, avant
d’occuper divers postes à responsabilité, en France et en Chine. En 2017, elle décide d’opérer un changement de vie radical en s’installant au sein d’un écovillage, en Loire-Atlantique où elle restera pendant 3 ans. Désormais, elle s'adonne à ses passions en travaillant au quotidien écriture, artisanat et activités artistiques tout en continuant en parallèle une activité de correspondance de presse.
L’INTERVIEW
Pourquoi écrivez-vous ?
J’écris par nécessité avant tout. J’ai besoin que toutes mes émotions transparaissent dans ce que j’écris, que ce soit dans des nouvelles, romans ou textes de catharsis. J’écris aussi bien entendu par envie, car tout autour de moi peut être le sujet d’une histoire, et j’ai une imagination très très débordante. Si j’en avais le temps, j’écrirais absolument tous les jours et je sortirais 5 romans par an, ainsi qu’une petit 50 aine de contes et de nouvelles...
J’ai la chance de n’avoir jamais connu le syndrome de la page blanche, en tout cas appliqué à tous les supports possibles... je laisse mon esprit vagabonder et les mots se forment, bien que ça ne soit pas toujours très fameux. Je devais avoir 3 ou 4 ans quand j’ai vu des livres géants posés dans un parc avec ma mère. Ce jour-là, j’ai décidé que je serai écrivain et que j’écrirai des livres transparents. A partir de ce jour, j’ai toujours écrit. Tous les jours jusqu’à mes 20 ans, puis de manière plus sporadique avec les études, le travail, et le train-train de la vie quotidienne. Aujourd’hui, j’ai la chance de dessiner ma propre vie et donc d’accorder du temps à ce hobby qui est bien plus qu’une passion. Ecrire est vital pour moi, indispensable.
Quelle place occupent les livres dans votre vie ?
Une place énorme !
Les livres permettent de voyager, s’instruire, découvrir, partager tout simplement le point de vue ou l’esprit d’un auteur, ce qui n’a pas de prix. Petite, puis adolescente, je passais mon temps à lire ; à l’école, à table, aux toilettes ou encore dans mon bain, je ne pouvais jamais m’arrêter. Et encore aujourd’hui, quand une intrigue me captive totalement, je ne m’arrête qu’une fois le livre terminé, quitte à lire 15 ou 20h d’affilée sans dormir.
A quels publics s’adressent votre livre ?
Useless Eaters, l'homme sans but, s'adresse tout particulièrement à un public adulte ! Et pas n’importe lequel, je suppose. Les thèmes abordés peuvent choquer, et la personnalité monstrueuse du “héros” du roman profondément perturber certains
lecteurs.
D’un autre côté, j’ai vraiment voulu que ce livre puisse éveiller des consciences, faire réfléchir aux enjeux actuels de la société. Pousser le monstre à l’extrême pour qu’il soit impossible de prendre ce qui est écrit au premier degré, et en même temps bombarder le lecteur d’informations utiles, de petits éléments perturbateurs, pour qu’il se pose des questions, tente de changer le monde.
Sans pour autant tuer froidement toute la société, bien entendu !
Odélicat est “presque” un livre tout public. Je ne le conseillerai pas à tous pour autant – à cause d’une scène en particulier – mais il est de toute évidence accessible à un plus grand nombre que mon précédent roman, Useless Eaters, l’homme sans but. Je pense que ce conte pour adultes peut être lu par tous, et j’espère qu’il plaira et marquera les esprits comme le premier a pu le faire, mais cette fois-ci, tout en douceur.
Une suite à prévoir ?
Il ne s’agit pas réellement d’une suite, mais j’ai écrit ce livre en parallèle d’un autre. En effet, Useless Eaters, l’homme sans but, était très dur à écrire pour moi. Sombre, violent, dans un style parfois très soutenu et lourd, avec des scènes particulièrement difficiles, il nécessitait sa part de lumière que j’ai développée dans un autre... qui n’a strictement rien à voir ! Mais en un sens, je pense qu’il est tout aussi important de les lire en parallèle, comme l’intention que j’ai eue
en les écrivant.
Pensez vous écrire d'autres livres ?
Oui ! J’ai déjà des idées pour le prochain, et de manière générale, j’ai beaucoup trop d’idées en tête pour qu’elles se contentent d’y rester. J’écris depuis toujours et serai incapable de passer une vie sans ce moyen d’expression si complet et si propice à l’imagination. D’autant plus que le
monde d’aujourd’hui est rempli de contradictions, à la fois de folie furieuse et de beauté innocente, une dualité qu’il est nécessaire de présenter au plus grand nombre pour que ce monde
puisse s’éveiller. En violence, ou dans la douceur, ça, ça dépend du type de lecteur...
J’aime aussi beaucoup l’idée d’éduquer les enfants. Les éduquer à s’aimer, s’exprimer, à comprendre qui ils sont et pourquoi leurs émotions s’expriment de telle ou telle manière. J’aimerais beaucoup que mes contes réussissent à s’adapter à ce public, car si j’arrive à toucher le coeur d’un enfant, alors j’aurais réussi à insuffler un petit quelque chose à un être d’avenir.
Combien de temps vous a pris l’écriture de ce livre ? Avez-vous rencontré des difficultés ?
J’ai commencé ce livre alors que je travaillais en Chine. Juste une petite vingtaine de pages, écrites en l’espace de quelques semaines et laissées à l’abandon pendant quasiment 3 ans. J’ai repris son écriture en décembre de cette année, l’ai terminé en 3 mois... et peaufiné 2 mois de plus. Après, étant donné que j’en écrivais un autre en parallèle, le temps est complexe à
mesurer.
Ecrire Useless Eaters, l’homme sans but, a été très difficile pour moi. Je voulais pousser la part sombre de l’humanité, et la mienne, au maximum. Je me suis renseignée sur les le profil psychologique des psychopathes, ai étudié certains meurtriers aux pratiques obscènes et inimaginables, ai poussé le vice jusqu’au bout et cherché à rester dans le personnage du début à la fin. C’était particulièrement ardu. Parfois, je devais m’arrêter, écrire quelque chose d’autre de léger, d’innocent et de naïf, empli de sentiments humains, de bienveillance et de bonté, pour contrer l’horreur et l’expression apathique totale de ce que j’écrivais.
Odélicat est un roman écrit en parallèle de mon précédent ouvrage “Useless Eaters, l’homme sans but”. En écrivant ces deux romans, j’ai tenté d’exacerber au maximum deux personnalités aux antipodes qui cohabitent en moi dans une moindre mesure. Dans Useless Eaters, l’homme sans but, il s’agissait d’un psychopathe, monstre logique sans émotions et sans morale, dans Odélicat, l’héroïne est au contraire l’image même de l’innocence naïve, une Candide des temps modernes tentant de faire face à un monde qu’elle ne comprend pas et la heurte.
Pour moi, ces deux ouvrages sont intimement liés car ils amènent le lecteur à avoir une réflexion sur de nombreuses thématiques actuelles, sociétales et environnementales, et questionnent le sens de la vie que chaque être est en droit de se poser. Mes deux “héros” sont constamment dans cette quête, bien qu’ils soient radicalement différents dans son application.
Odélicat est-il lié à votre expérience personnelle ?
Odélicat réunit différents univers qui me sont chers. Nazuka, l’héroïne, évolue dans un monde qui n’est pas bien différent du
nôtre, et pourtant, entre les lignes, le merveilleux a sa place là où d’habitude il n’existe que dans notre imaginaire. Je me
suis énormément plu à rendre merveilleux les décors du livre, sans pour autant exacerber les différences existant avec notre monde, car il s’agit presque de ma propre vision, de ce que j’admire et mets en exergue alors que j’observe des paysages. De même, toutes les problématiques liées à l’évolution de Nazuka m’intriguent et m’interpellent, comme ses recherches liées à l’origine du langage ou du mensonge, ou encore son voyage en Chine, tiré de mon expérience personnelle.