Louise Eugène

Ma biographie n'a pas beaucoup d'intérêt. Et je ne suis pas suffisamment nietzschéenne pour qu‘elle apporte un éclairage particulier sur mes écrits.

Je peux en revanche partager quelques-uns de mes centres d’intérêts. Cela n’a également que peu d’intérêt. Comme ils sont régulièrement présents dans mes romans, il n’y a que peu de surprise pour les personnes qui m’ont lue.

Pour éviter toute ambigüité, je dirais que j’aime la philosophie et que je n’y comprends rien. Je ne l’ai pas étudiée et j’en serais sans doute incapable. Il me faut trop rapidement quelque chose entre les mains pour avoir la sensation de faire plutôt que de penser. De la philosophie, que j’aime écouter, j’en garde surtout les « leitmotivs », ces espèces de slogans qui trainent dans nos esprits et qui semblent lourds de significations, sans doute de signifiants et de signifiés. « Connais-toi toi-même ». « Da sein ». « L’enfer c’est les autres ». « Cogito ergo sum ». « Le vitalisme ». « Cultiver son jardin ». Et tout un tas d’autres. C’est la philosophie ramenée à sa plus simple expression. Et derrière tous ces motos, la recherche de ce que cela veut dire pour moi, loin du concept ou du sens véritable.

Ensuite, je me pâme de sous-culture. De cette culture qui reste à la cave ou dans le grenier. De cette culture qui fait des séries-Z, du grindhouse, du comics, du manga, de la bande dessinée, de la musique et de tout un tas d’autres expressions plus ou moins artistiques. Nourri de culture, ou plus exactement de fragments de culture, mâchés, digérés et recrachés dans une forme souvent étonnante multipliant les facettes. De la cave, le bruit ressort peu, et il n’y a aucune volonté de se retrouver au salon, bien trop angoissant de par son fonctionnement guindé. Même si y passer de temps en temps pour en chopper quelques lumières permet d’alimenter la machine. De temps en temps, un truc s’échappe dans la rue et passe de maison en maison, de bloque en bloque, de quartier en quartier, de ville en ville, de pays en pays, voire de continent en continent. Mais chaque fois, il retourne à la cave. Un peu comme les forces telluriques, le truc se dissipe dès qu’il est parcouru par un nombre trop important de personnes.

Je suis une piètre lectrice. Formatée par les images, j’ai du mal à me laisser entrainer dans une histoire qui me prends plus de trois heures. Les séries ne sont pas mon fort non plus, à part quelques exceptions. Mon auteur de référence reste Hugo Pratt pour son art de la narration. Dans ce domaine, Alejandro Jodorowsky m’a amené vers bien des contrées de l’esprit, avec les images merveilleuses de Moebius, et d’autres aussi. Hermann Hesse, Emil Cioran sont peut-être ceux que j’ai le plus lus. Une certaine veine de Le Clezio (« Le livre des fuites », « La Guerre », « Le Procès-Verbal », « Révolution »), j’ai pleuré à la lecture du « Chercheur d’or ». Je m’essaie à Mo Yan, Hwang Sok-yong, Yasuchi Inoue, Dhuong Thu Huong. L’Asie dans mes veines peut-être. Et les romans de François Cheng. Un peu de Lord Byron, peu. Rimbaud. Et presque rien de Baudelaire. Patchwork. Comme pour la musique. Avec une prédilection pour quand ça fait du bruit. Avec plus de lecture, mon orthographe et ma syntaxe seraient sans doute améliorées.

Enfin, je ne peux oublier le rugby. Celui qui dit que la vie est belle à l’aile. Celui qui dit que pour que la balle vole, il faut que ce soit puissant et rapide devant. Les Blacks bien sûr. Les Reds aussi, ceux de Galles. En l’absence d’un jeu intéressant chez les bleus, les Roses d’Angleterre quand ils jouent à la main et oublient le pied. J’ai même commis quelques articles presque érotiques, dont quelques-uns ont été repris sur un blog rouge et noir. Sans la fougue de Daniel, le ballon de rugby c’est la vie, il doit bouger, il doit vivre. Tout le jeu qui consiste à l’enterrer, à le cacher, à le rendre au pied me lasse. Tous les joueurs qui se jettent dessus, qui y mordent comme si leur vie en dépendait également me régalent.

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