Anton G. R. C. Thiene
Pseudonyme d'Anton Georg Rossi. Le sigle «G. R. C.» est une carte identitaire : «C.» comme Comazzetto, nom de famille disparu de l'arbre généalogique ; «Thiene» comme le nom de son arrière-grand-mère paternelle. Chaque lettre a un poids. Chaque nom, une provenance.
Né en Allemagne en 1965 d'un père d'origine vicentin et d'une mère italienne de la province de Salerne, il a vécu entre langues différentes, cultures en tension et appartenances jamais tout à fait résolues. De cette condition naît l'écriture : non comme réponse, mais comme résistance à la dispersion.
Fils d'Aloys Peter Rossi, auteur de romans policiers, il a hérité de la rigueur et de l'intransigeance envers la page. Il a consacré des années à la recherche généalogique, remontant à travers documents, photographies et silences familiaux jusqu'aux origines oubliées.
Une partie de son travail consiste dans la reprise et la réécriture de manuscrits abandonnés, certains datant de plus de quarante ans. Il ne s'agit pas de restauration philologique : c'est une réécriture de l'intérieur, avec les yeux et la langue d'aujourd'hui.
Il collabore avec Genoveffa Frashëri, coautrice calabraise aux racines albanaises, dans le cadre d'un projet narratif partagé qui implique un groupe familial élargi. Des voix distinctes, des généalogies croisées, un univers littéraire commun.
Sa prose avance par soustraction. Phrases brèves, registre froid, aucun commentaire auctorial. Les personnages ne sont pas illustrés : ils agissent, choisissent, se taisent. Le lecteur n'est pas guidé. Il est laissé à observer. Le style n'admet aucune concession au sentimental ni à l'explicite : ce qui ne se montre pas ne se dit pas, et ce qui se montre doit coûter quelque chose à la page.