Yamina Benguigui

Yamina Benguigui est une artiste et une femme politique française d’origine

algérienne. Femme avant de devenir Yamina, elle sait que pour ne pas être

condamnée à être mineure à vie, c’est en mode majeur qu’elle prendra la

parole : porter les droits des femmes, est le premier de ses engagements.

Documentariste, réalisatrice, écrivain, Adjointe au Maire de Paris, Ministre

déléguée à la Francophonie, c’est aux côtés de Danièle Mitterrand au sein

de la Fondation France Libertés qu’elle forge ses convictions politiques et

aux côtés du cinéaste Jean-Daniel Pollet qu’elle comprend que la caméra,

les images et la paroles seront ses meilleures armes pour ce qui fondera le

motif central de son œuvre et de tous ses engagements : la lutte contre les

discriminations.

Ce qui taraude chacune des questions qu’elle pose en silence aux pères,

aux mères et aux enfants de Mémoires d’immigrés, l’héritage maghrébin, ce

n’est pas ni l’intégration ni la diversité mais l’enracinement et les

discriminations.

Ayant dû très tôt apprendre à faire coexister deux cultures, deux visions du

monde antagonistes car en guerre, elle a très vite compris que l’essentiel

réside dans les liens aux territoires : la terre des origines, la terre d’accueil, le territoire pour symbole et comme mère-patrie.

De petits courts-métrages réalisés pour la HALDE ou l’Union Européenne

aux grands formats du documentaire (Femmes d’Islam, Le plafond de verre,

9/3 Mémoire d’un territoire...) et de la fiction (Inch’Allah Dimanche, Aïcha),

c’est toujours à partir de la racine que se déploient comme une forêt d’arbre

les films de Yamina Benguigui, sans doute influencée par la pensée magique

et poétique de son ami le peintre Pierre Graziani et les Chroniques des

années de braise, de Lackdar Hamina (Palme d’or du Festival de Cannes

1974)

Discrète sur sa relation amicale avec la plus grande star du cinema français,

Isabelle Adjani, comme sur celle qui la lie à Elsa Zylberstein ou bien encore à Véronique Morali, Yamina Benguigui préserve sa vie privée : le sens de la

famille est sans aucun doute au cœur de la famille du sens dont elle est l’un

des membres les plus atypiques. Elle ne vous parlera pas de ses filles, Lisa

et Farah, qui réinventent chacune à leur façon, le chemin de la mère, elle

taira la fêlure du père même si son prochain film, Sororités, repose en grande

partie sur les anachronismes familiaux.

Réélue conseillère de Paris, Yamina Benguigui travail aujourd’hui, 20 ans

après, sur la suite de Mémoire d’Immigrés, l’héritage maghrébin : Mémoire

d’Immigrés, l’héritage musulman. À suivre...

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