Au sujet de l'auteur
Originaire de la ville de Québec, Michel Bédard a un parcours hétéroclite. Très jeune, son esprit d’analyse très particulier se manifeste. À l'école Michel est un élève solitaire. Il déteste le cadre scolaire rigide des années 60. Ses questions souvent pertinentes embarrassent ses enseignants. Il est très tôt considéré comme un élève rebelle à l'autorité et à la discipline. Un élève constamment plongé dans son petit monde et qui refuse le conformisme social.
Michel est un enfant qui ne réussit pas à s'adapter à l'environnement et aux méthodes d'apprentissage scolaires de son époque. Il n'avait que peu d'amis, tous des rebelles, comme lui. À l'âge de 12 ans, il avait déjà lu le dictionnaire Larousse de la première
à la dernière page, ainsi que toutes les définitions des mots.
« Mon dictionnaire Larousse était mon meilleur ami. Il m'a tout appris. »
Il entreprend ses études secondaires avec la réforme de 1970. Les premières écoles polyvalentes ouvrent leurs portes. Michel fréquente la polyvalente de Charlesbourg, la plus grosse de la province à l'époque avec 5000 étudiants. Le nouveau système scolaire n’est pas encore bien affiné et cette mer de jeunes adultes échappe à la supervision des autorités scolaires. Les étudiants sont livrés à eux-mêmes. Cette situation quasi anarchique permet à Michel de développer une passion pour la photographie. Il étudie toutes les techniques photographiques en autodidacte et il démontre un talent qui est vite remarqué par son entourage. Il obtient des petits contrats de photographie auprès des commerçants de sa région et démarre à l'âge de 16 ans une petite entreprise de photographie de mariages. La polyvalente offre un programme de formation de trois ans en photographie. Michel réussit à convaincre les autorités du programme de l’admettre en troisième année, sans suivre les deux premières années de formation. Il réussit les épreuves finales de la troisième année et décroche un stage de perfectionnement à la Société Radio-Canada.
« Mes années scolaires furent un véritable calvaire à tous les niveaux. Je ne m'intéressais à
rien ni à personne et personne ne s'intéressait à moi. Je n'étais pas le seul dans cette situation. La réforme de 70 a créé le décrochage scolaire au Québec et nous en fûmes les premières victimes. Ma seule ambition était de sortir de cette prison de l'esprit. »
L’expérience pratique à la SRC est pour lui une révélation. Il lui manque des crédits pour obtenir son diplôme, mais décide de se consacrer à l'étude des techniques de production télévisuelle. Malgré ses performances exceptionnelles et un talent évident, la société d'État refuse sa candidature à un poste permanent sous prétexte qu'il n'a pas obtenu son
diplôme. Ce refus est pour lui une catastrophe. Il a tout misé sur cette opportunité et il est hors de question de retourner à l'école qui, de toute façon, n'a plus rien à lui offrir.
Michel est un autodidacte pur, un esprit libre qui a besoin de vrais défis pour exprimer son
incroyable potentiel. Son cerveau est une véritable éponge de connaissance. Par la simple observation, il assimile des concepts que bien d'autres acquerraient après plusieurs années d'études. À 18 ans, il obtient un poste d'enseignant des techniques photographiques destinées aux adultes à la municipalité d'Orsainville. Il effectue ce travail à temps partiel pendant quelques années, jusqu'à la fusion de la ville avec celle de Charlesbourg. Après la fusion, l'administration municipale abolit le programme de cours aux adultes.
La période de chômage qui suit se révélera bénéfique. Il entreprend d'étudier la philosophie et la théologie. Il veut comprendre la raison d'être de l'humanité, rien de moins. Cette recherche spirituelle devient vite une obsession qui ne le quittera plus jamais. En 1989, un nouveau réseau de télévision naît au Québec. Télévision Quatre-Saisons ouvre une station à la fine pointe des nouvelles technologies. Obtenir un emploi à TQS devient sa priorité. Michel se fabrique un faux diplôme d'études collégiales avec une spécialisation en électrotechnique. Le leurre fonctionne et il obtient un poste de technicien audio à la nouvelle station. Michel n'a aucune formation en audio et il n'a qu'une semaine pour assimiler les techniques inhérentes à ce travail spécialisé avant l'ouverture officielle. La station diffuse son premier bulletin de nouvelles le dimanche suivant et Michel se retrouve responsable de tout l'aspect sonore de la production. Il relève le défi avec brio et obtient même des félicitations du directeur de la mise en onde, qui était présent à cette première. Michel travaille pour TQS tout en étant pigiste pour quelques producteurs. Jusqu'en 1992, il travaille avec des journalistes chevronnés, comme Gérard Deltell, qui deviendra plus tard chef de l'Action démocratique du Québec et député fédéral. Il travaille sur plusieurs productions cinématographiques et côtoie
des professionnels de talents de qui il apprend tous les rouages du métier.
À l'occasion d'un reportage à la faculté de médecine de l'université Laval, des étudiants lui demandent de passer un test du quotient intellectuel aux fins d'études. Michel accepte avec plaisir de se soumettre à l'exercice. Le résultat est étonnant. D'après l'analyse des étudiants, Michel possède un Q.I. de 127, ce qui est nettement au-dessus de la moyenne. À la suite de cette découverte, on lui offre de participer à une étude sur l'incidence du régime alimentaire sur les facultés intellectuelles. Michel sera pendant deux mois un cobaye pour cette étude. Cette opportunité lui permet l'accès à une bibliothèque scientifique qui fera ses délices, puisqu'il doit chaque jour se rendre à l'université pour prendre ses repas sous la surveillance d'un spécialiste.
En 1991, il entre au service de la radiotélévision des débats de l’Assemblée nationale du Québec. L’année suivante, il obtient un poste de technicien de niveau 3 au sein de l’unité de télédiffusion des débats de la Chambre des communes, à Ottawa. Ce travail lui ouvre les portes de la grande bibliothèque du Parlement. C'est à cet endroit qu'il approfondit ses connaissances en philosophie, en théologie et en astrophysique. Il y découvre alors une discipline particulière de la philosophie, la métaphysique. Il y trouve enfin une discipline permettant de joindre la philosophie, la science et la spiritualité en un seul domaine. C'est de cette recherche fondamentale que naîtra son premier essai intitulé « Croyez-le ou non! », réédité en 2026.
En 2001, Michel quitte le monde de la télévision pour devenir conducteur d'autocar à l'emploi de la corporation Greyhound Canada. Pendant cinq ans, il voyage partout dans l'est de l'Amérique du Nord. En 2006, il obtient un poste d'instructeur-chef pour la même compagnie. Ce travail exigeant de formation l'éloigne de sa véritable passion, la métaphysique. Michel aime le travail de formateur, mais les méthodes de formation de la plus vieille compagnie d'autobus au Canada sont archaïques et n'ont jamais été adaptées aux réalités du 21e siècle. Il travaille d'arrache-pied à l'élaboration d'un nouveau programme de formation tenant compte des nouvelles réalités de l'industrie, mais la direction de la compagnie située dans le tranquille et pittoresque Ouest canadien est bien loin du tumulte des grandes villes comme Toronto, Montréal et Vancouver. En réponse à cette initiative d'un instructeur un peu trop révolutionnaire, la compagnie retourne Michel sur la route avec des remerciements pour son bon travail.
En 2010, Michel sombre dans une profonde dépression. Son médecin prescrit une période
d'arrêt de travail prolongée ainsi qu'une évaluation psychiatrique. Le diagnostic tombe. Il souffre de troubles obsessifs compulsifs associés à un désordre bipolaire léger. Son psychiatre est catégorique. Michel est un T.O.C. pur, unique en son genre. Il subit pendant plus de neuf mois une thérapie continue et doit prendre une médication appropriée à sa condition. Le traitement donne des résultats positifs, mais Michel n’était pas au bout de ses peines. En 2012, il est diagnostiqué autiste de haut niveau (on disait « asperger » à l’époque.) Cette nouvelle a eu l’effet d’une bombe dans sa vie. Enfin, Michel comprenait cette différence dont il a souffert toute sa vie, jusqu’à l’âge de 55 ans.
« Apprendre de quoi je souffre depuis si longtemps a été pour moi une grande libération.
J'ai alors pris la ferme résolution d'utiliser ma condition comme un outil d'accomplissement. J'ai appris à la maîtriser plutôt que de la subir. » C'est pendant sa période de convalescence qu'il écrit son premier essai
.
« J'ai trouvé ma voie et ma raison d'être. Cette voie est la recherche métaphysique de la
raison de l'existence. Jamais plus je ne m'en éloignerai. Cette connaissance, je veux la transmettre par le moyen de l'écriture. »