Fred Marty

Né au millénaire dernier, dans cette période étrange appelée les années 70, mes premiers souvenirs d’histoire sont les aventures du Prince d’Euphor et du Capitaine Corsaire qui revient pour les enfants de la Terre.

Vint ensuite la bibliothèque rose, son Oui Oui, mais surtout Jojo Lapin dont je lisais frénétiquement toutes les aventures dès qu’elles sortaient (mais ne me demandez pas de les raconter aujourd’hui…). Et puis, à huit ans, c’est le Drame. L’Événement Déclencheur. L’Incident. Ma chère mère voit un livre dont vous êtes le héros dans les rayonnages d’un supermarché et se dit « Oh, ça devrait lui plaire ». Bel euphémisme…

30 ans plus tard, vous lisez ma biographie d'écrivain et je suis même en train d’en rédiger un, de livre dont vous êtes le héros…

A partir de là, c’est l’engrenage infernal : Loup Solitaire, Défis Fantastiques, Quête du Graal et l’erreur que tout enfant dans les années 80 a commise. Achat d’un livre étrange, dans la même collection que tous les autres, où on pige rien de ce qu’il se passe, les Sept Coupes Magiques (Œil Noir).

Oui l’Oeil Noir est un JDR. Un Jeu de Rôles où il faut jouer avec des gens et pas tout seul dans sa chambre, acheter des boîtes de jeux où se trouvent les règles, les apprendre, les comprendre, lire un scénario, le jouer…C’est ainsi que j’ai maîtrisé ma première partie de JDR à la récréation en CM2.

Parallèlement à cela, la Bibliothèque Rose a évolué de Jojo Lapin en Club des Cinq (infiniment supérieur au Clan des Sept), puis est devenue Verte. C’est le moment des Conquérants de l’Impossible, un trio de personnages cette fois, qui voyage dans le temps. Il y a d’ailleurs une approche scientifique vraiment intéressante avec des textes parlant déjà du CO² et de l’effet de serre (c’était en 1983 !).

A force de lire des histoires d’elfes, de nains, de dragons, et bien Tolkien a fini par débarquer dans ma bibliothèque. Comme beaucoup, j’ai eu du mal à rentrer dedans, parce que qu’est-ce que c’est LENT ! Jusqu’à Tom Bombadil, c’est terriblement descriptif, mais j’ai poursuivi. A partir de là, c’était fichu. Me voilà pris dans l’engrenage de la SFFF.

Parmi les influences importantes des (très) nombreux livres que j’ai lus, je vais retenir la saga de la Belgariade par David Eddings.

Je me souviens attendre frénétiquement chaque sortie, lire avec impatience chaque page, et voir qu’Eddings avait le chic de faire poireauter le lecteur pendant 80% du livre avant d’enchaîner les révélations sur la fin pour terminer sur un cliffhanger à pleurer.

Parallèlement à cela, le JDR continue avec Advanced Dungeons & Dragons. J’étais déjà casse couilles à l’époque, donc je maîtrisais sur des univers originaux, pas les plus populaires de l’époque. A savoir Al Qadim (1001 Nuits) et DragonLance. En anglais, ce qui m’a lancé par la suite dans les romans DragonLance (et fabriqué des poupées vaudou à l’encontre des VF Fleuve Noir).

Avec tout ça, on se trouve en 1992-93 et je commence à écrire mes propres scénars de JDR. C’était d’ailleurs une expérience intéressante de relire récemment ce que j’avais fait à l’époque. Une immense partie de mes goûts, de mon style d’écriture et de mes préférences était déjà là.

Lister tous les auteurs ou sagas marquantes serait très fastidieux, je parlerai seulement du Cycle des Portes de la Mort de Margareth Weis et Tracy Hickman, des Annales du Disque Monde de Terry Pratchett et de tout ce qu’écrit Neil Gaiman.

C’est avec ce bagage là, plus mes nombreuses créations de rôlistes, plus les scénarios de séries TV que j’arrive au moment où je me mets à écrire « pour de vrai ». Moment qui se situe en 2012.

Ma fabuleuse idée à moi que j’ai est que j’ai besoin de finir un texte. N’importe quoi, mais me prouver à moi-même que je peux aller au bout d’un projet. Du coup, j’ai décidé d’écrire une nouvelle très courte basée sur une idée qui me trotte dans la tête depuis des années. Je tourne autour de cette idée depuis longtemps, j’ai lancé des projets de scénarios de JDR qui en parlent.

Bref, je parviens à l’écrire (wouhou) et je la montre à ma femme. Le résultat lapidaire est que ce n’est pas une histoire. Au mieux c’est un synopsis. Comme j’arrive à la conclusion qu’elle a raison, je prends la décision de me lancer dans un roman et d’étendre l’histoire.

Ce projet est devenu les Chroniques de Gabriel, mais il est passé par un paquet d’étapes avant de devenir ce qu’il est aujourd’hui. En premier lieu, j’ai cherché des méthodes d’écriture pour m’aider, ce qui m’a amené à assister à une masterclass de Christopher Vogler sur le Voyage du Héros. Toujours en 2012.

En août 2013, je m’inscris sur Tellyon, une plateforme pour les auteurs de SFFF. Le fait de partager mes premiers écrits, d’avoir mes premiers retours, m’a beaucoup apporté. Je peux vous garantir que j’ai bien flippé ma race quand j’ai cliqué sur le bouton « Publier » pour la première fois…

J’ai aussi énormément bêta-lu d’autres textes et cela enrichit ma propre écriture. Après de nombreuses quêtes personnelles pour virer tous mes putains de blocages psychologiques, à base de « t’y arriveras jamais », j’ai mis un point final à la v1 de Gabriel en mars 2015.

Il aura fallu 9 mois de corrections et 4 versions pour arriver au texte final, mais l’essentiel était là. Je l’avais fait, j’étais lancé !

Depuis, j'ai écrit Les Aventures de Sherona, les débuts d'une série de Fantasy basée sur une campagne de JDR que j'ai menée pendant quelques années et j'ai encore plein de projets dans ma besace à vous faire découvrir :)

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