Je suis née le 12 mai 1951, à Saint-Dizier en Haute-Marne, dans une famille d’origine italienne.
L’histoire commence par une enfance heureuse dans une petite maison haut-marnaise, isolée en pleine campagne, près des ruisseaux et des bois, avec des parents qui me laissent une très grande liberté. La nature sauvage, avec la forêt, les arbres, les collines, les fleurs et les fruits, c’est, en toute saison, mon unique terrain de jeux. Courir le nez au vent, observer les petites bêtes des ruisseaux ou bien m’installer à l’ombre d’un arbre pour y dévorer à mon aise des piles de livres. Mon enfance est faite d’instants heureux, ma curiosité est insatiable.
Un goût très prononcé pour la littérature, la peinture et la photographie s’impose très tôt. J’ai 22 ans, quand on m’offre un compact avec un petit trépied et la magie opère. « Arrêter le temps », c’est tellement fascinant ! Mais ma famille aux origines modestes me pousse à entrer rapidement dans une « vie ordinaire » : travail, mariage, « procréation ». Une fonction de secrétariat en milieu hospitalier, puis la naissance de trois enfants enfouissent mes rêves d’art et de littérature au plus profond de moi-même …
Puis, vers la quarantaine, quelque temps après mon arrivée dans la région de Strasbourg, je découvre les Vosges, et c’est le coup de foudre. La randonnée hebdomadaire, et bientôt le bivouac, me permettent de revivre les sensations exaltantes éprouvées dans l’enfance, me donnent cet indispensable sentiment d’évasion, satisfont ma curiosité, mon goût de la découverte et de l’exploration.
Un petit appareil photo, « argentique » ou « jetable », me suit toujours partout. Je ne sais pas encore que les documents que je réalise serviront à illustrer mon premier livre « Mes mille maisons des Vosges », où je raconte 10 années de randonnées et de bivouacs dans le massif vosgien, du Palatinat au Ballon d’Alsace.
Simultanément, je pars chaque année durant une quinzaine de jours, dans le Sahara, ces séjours me marqueront profondément.
Trois années de cours de photographie répondront aux nombreuses questions que je me pose au niveau de la technique. Puis, tout naturellement, ce sont des rencontres avec des photographes professionnels, ou des naturalistes, qui m’incitent à la recherche d’une qualité toujours plus grande dans mes clichés, affûtent mon regard, développent mon sens de l’observation.
La photographie est un art plaisant, mais souvent difficile. Il faut se lever tôt ou se coucher tard, attendre, souvent pour rien, un animal ou une belle lumière qui ne viennent jamais, porter du matériel lourd, trier et traiter les images pendant des heures… Mais j’aime cela de plus en plus, c’est devenu une philosophie de vie, le moyen de tisser patiemment ma « légende personnelle » !
J’éprouve également le besoin de prendre des notes, et de rendre compte de la plupart de mes tribulations dans le milieu naturel. S’extraire du contexte citadin, c’est tellement inspirant !
Après quelques expositions photographiques où le côté matériel me semble bien lourd à gérer, internet, blogues et réseaux sociaux me séduisent par le partage, le côté léger, immatériel. http://vosges-passion.over-blog.com/
Mes photos deviennent principalement « numériques », je ne me soucie plus guère de les encadrer ou de les imprimer. J’aime parfois les présenter sous forme de diaporamas, avec musique, ou, dans mon blog, écrire de petites histoires qui les accompagnent.
La toile, c’est aussi l’occasion de rencontrer, dans ce que l’on appelle « la vraie vie », d’autres personnes à la sensibilité proche de la mienne. Elles me communiquent volontiers leur savoir, m’incitent à acquérir un matériel encore plus performant, à traiter d’autres sujets. Nous nous rencontrons parfois, partageons des sorties, et même des voyages !
Mais, insensiblement, le lourd Nikon est souvent remplacé par un téléphone intelligent dernier cri…
Durant environ 8 ans, je collabore au magazine de randonnées Passion Vosges (Dernières Nouvelles d’Alsace) en tant que photographe pigiste, ainsi qu'à quelques autres périodiques.
En 2019, soit 13 années après la parution de mon premier livre « Mes mille maisons des Vosges », j’entreprends l’écriture de « Nomades dans l’âme », qui voit le jour en janvier 2023.
Comme l’action de photographier, (photo-graphie signifie écrire avec la lumière),
« Écrire, c'est arrêter des parcelles d'instants pour les donner. Écrire c'est déjà un peu arrêter le temps. »
Claude Péloquin, Mets tes raquettes, 1972.
Le temps passe, impitoyable, mais l’aventure continue !
Martine Schnoering
18 janvier 2023