"Un matin il était là. Nul ne sait où il est né, dans uelle ruelle ou sous quel pont, nul ne sait quand, tout ce qu'on sait c'est qu'un matin il était là. Seul et sale et tremblotant, dans la ville aux mille parfums, dans la ville aux milel dangers. Le chat Machin est arrivé."
Avec l'immense talent qu'on lui connaît, son sens inouï du rythme de la phrase et des sonorités, Marcus Malte nous livre ici une histoire toute simple, universelle, à laquelle il donne une incroyable profondeur. Le chat Machin est un chat errant, un traîne-misère comme il y en a tant, de ces êtres qui n'ont rien et n'ont jamais rien eu. Pas de famille, pas de maison, pas de passé, même pas de nom. Et surtout pas la prétention de croire qu'une vie meilleure leur est dûe. Le vagabond, rudoyé par ses pairs, agoni par les gens, courbe l'échine sans broncher: à peine ose-t-il lancer quelques miaulements à la lune...
Nul ne sait quand il est né, nul ne sait quand, tout ce qu'on sait c'est qu'un matin il était là. Le chat Machin est arrivé. Ce chat errant, ce chat de gouttière, saute un jour par-dessus la clôture d'une villa. Ce qu'il n'a pas vu, cet imprudent, c'est la pancarte : attention, chien méchant ! Voilà comment le chat Machin se retrouve soudain truffe à truffe avec le chien Pacha.