Synopsis
Le journaliste Yvan Klébert a quitté son journal et rompu avec les "affaires", la politique et le stress. Ce qu'il veut, c'est écrire un roman d'amour. Mais Chantal Dinéro, femme d'un financier véreux (et dangereux) qui l'a manipulée, le contacte. Cancéreuse en phase quasi terminale, elle souhaite se venger en dévoilant la part obscure d'un monde politique déliquescent. Alors, pendant que sa femme se fait la malle avec sa petite fille, Yvan Klébert replonge, seul et sans trop savoir pourquoi, dans les affaires ? avec leur cortège habituel de ministres souriants et de juges démis, mutés, déprimés, suspendus.Tout va bien est un album atypique et audacieux, tout à fait dans l'humeur "Poisson Pilote"? et une totale réussite pour deux débutants du genre. C'est une histoire vraie déguisée en fiction (Chantal Dinéro est un personnage réel, rebaptisé), un récit autobiographique (Denis Robert a réellement suivi Chantal), et un magnifique polar dont le héros, fauché, mal rasé et désabusé, a la séduction de ces personnages de série noire qui se battent contre des moulins à vent. Denis Robert, auteur déjà repéré pour sa manie de "déranger" (en allant où l'on n'est pas censé aller), nous offre une plongée vertigineuse dans les eaux troubles d'un monde mal connu (bien que souvent évoqué à la télé), sur un scénario superbement dialogué et ficelé. Quant à Thomas Clément, il impose avec force un graphisme aussi sensible dans les atmosphères désespérantes (nuit, solitude, pluie, feuilles mortes) que dans la tendresse (une petite fille endormie dans son pyjama rayé).
À propos des auteurs
Denis Robert est né en 1958 à Moyeuvre-Grande, au coeur de la vallée de l'Orne, en Lorraine. Après un diplôme d'études approfondies (DEA) de psycholinguistique, il entre en 1982 à ?Libération', où il est d'abord correspondant dans l'est de la France avant d'intégrer la rédaction, à Paris. Là, il va multiplier les enquêtes et se spécialiser dans les affaires politico-financières qui éclatent en pleine ère mitterrandienne. En 1995, Denis Robert quitte le quotidien pour se consacrer à l'écriture : fictions, enquêtes, scénarios pour le cinéma ou la télévision. Denis Robert est ainsi l'auteur de plusieurs romans : "Chair Mathilde" (Bernard Barrault, 1991), "Je ferai un malheur" (Fayard, 1995), "Notre héros au travail" (Fayard, 1997), "Tout va bien puisque nous sommes en vie" (Stock, 1998), "Le Bonheur" (Les Arènes, 2000), "Une ville" (Juillard, 2004), "Le Milieu du terrain" (Les Arènes, 2005), "La Domination du monde" (Juillard, 2006), "Une affaire personnelle" (Flammarion, 2008)," Dunk" (Juillard, 2009), "Vue imprenable sur la folie du monde" (Les Arènes, 2013). Il a également écrit des essais et des enquêtes : "Pendant les « affaires », les affaires continuent" (Stock, 1996), "La Justice ou le Chaos" (Stock, 1996), "Révolte.com" (Les Arènes, 2000), "Révélation$" (Les Arènes, 2001), "La Boîte noire" (Les Arènes, 2002), "Clearstream, l'enquête" (Les Arènes-Juillard, 2006), "Au coeur de l'affaire Villemin : Mémoires d'un rat" (Hugo et compagnie, 2006), "Tout Clearstream" (Les Arènes, 2011), "Les Prédateurs" (Cherche Midi, 2018) avec Catherine Le Gall, "J'ai tué le fils du chef - Affaire Grégory, le roman de la Vologne 1984-2018" (Hugo, 2018). Il est aussi l'auteur et le réalisateur de cinq documentaires : "Journal intime des affaires en cours" (1998), coréalisé avec Philippe Harel ; "Histoire clandestine de ma région" (2001), avec Gilles Cayatte ; "Les Dissimulateurs" (2001) ; "Le Cahier" (2001) ; "L'Affaire Clearstream racontée à un ouvrier de chez Daewoo" (2002) ; "Cavanna, même pas mort" (2015), avec Nina Robert. Il est enfin le scénariste de "Tout va bien" (Dargaud, 2005), une bande dessinée avec Thomas Clément, et de "L'Affaire des affaires" (Dargaud ; intégrale des quatre tomes parue en 2014), avec Yan Lindingre et Laurent Astier. Avec Franck Biancarelli ils entament, en 2015, "Le Circuit Mandelberg", adaptation de "Dunk" (Juillard, 2009), un des romans de Denis Robert, puis réalisent "Grand Est" (Dargaud, 2016). En 2019, ils poursuivent leur collaboration avec la sortie d'"Une Erreur de parcours", un polar judiciaire haletant. Il est également artiste plasticien permanent à la Galerie W (Paris). Il réalise, avec Philippe Pasquet, "Dominations" (Hugodoc, 2006), un livre de peintures. En avril 2019 il prend la direction du pure player "Le Média".
Thomas Clément naît à Forbach en 1973, petite ville française coincée entre l'Allemagne et le Luxembourg. Pendant son enfance, il visite fréquemment ces deux pays. Thomas est un élève un peu paresseux, l'école ne le passionne pas, il préfère fréquenter les terrains de handball. Un moment il envisage de devenir joueur professionnel (juste un moment). Après s'être essayé à plusieurs orientations scolaires, il choisit l'économie. En 1993, il obtient son bac B, mais il s'aperçoit qu'il n'a aucune envie de poursuivre dans cette voie. Il veut faire autre chose, mais quoi ? Il est important ici de noter qu'entre les matchs de handball et les cours d'économie Thomas dessine et plus précisément il fait de la bande dessinée. Jusque-là, jamais il n'avait jamais pensé qu'il était possible d'en faire un métier. En 1994, il entend parler d'une école bruxelloise de bande dessinée : l'ERG (école de recherche graphique de St Luc). L'expérience le tente et il décide de se jeter à l'eau. Il y trouve ses repères et rencontre enfin des gens qui ont la même passion que lui. Il y suit l'enseignement de Claude Renard, Alain Goffin ou encore Olivier Grenson. Il en sort quatre ans plus tard, le coeur léger et la tête plein de petits mickeys. À Bruxelles, Thomas rencontre une jolie photographe espagnole. Il ne résiste pas longtemps, et en 1998, il quitte le nord de l'Europe pour le sud. Là bas, il prépare des projets de bande dessinée (qui resteront à l'état de projet) et réalise de nombreuses illustrations pour la presse belge et espagnole. En 2001, il entame une collaboration avec le romancier Denis Robert, avec qui il propose les aventures d' Yvan Klébert. Un album paraitra aux éditions Dargaud. Thomas Clément est décédé le 30 juin 2007 à l'âge de 34 ans.
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