Papier Japon

Tout comme les nombreux matériaux utilisés en reliure, il y autant de types de papiers dont on se sert pour créer les pages des livres. Nous allons vous donner un aperçu des différentes variétés que vous pouvez retrouver dans les livres anciens sans pour autant entrer dans les détails de grammage ou parler des nombreux papiers modernes.

Avant toute chose, il convient de rappeler ce qu’on appelle en bibliophilie « grands papiers » (ou « exemplaires de tête »). A partir du XVIe siècle, les éditeurs ou les auteurs commandaient à l’imprimeur quelques exemplaires spéciaux tirés sur du papier de grande qualité tel que la peau de vélin, le papier de Chine ou du Japon destinés à des protecteurs ou à des proches. Les tirages de tête devinrent plus courants vers 1830, avec l’apparition de la machine à papier qui industrialisa le monde de l’édition. Le livre, jusque-là réservé à certains privilégiés devint accessible à tout le monde. L’impression sur « grands papiers » était dont limitée afin d'organiser leur rareté.

Voici les principaux types de papier décrits par ordre de rareté :


Types de papiers

La peau de vélin

Bien que ce ne soit pas vraiment du papier, le vélin est l’un des premiers types de papier à être utilisé pour les livres reliés à partie de l’époque médiévale. A l’origine, on l’obtient à partir d’une peau de veau mort-né, blanche et fine mais aujourd’hui elle peut être alternativement obtenue à partir de peau d’agneau, de chèvre ou autre.

Au XIXe siècle, certains éditeurs imprimaient 1, 2 ou 3 exemplaires sur ce support extrêmement onéreux, réservés souvent à l’auteur, à l’éditeur ou à un souscripteur averti.



Types de papiers

Le papier de Chine

Fabriqué en Chine à partir de fibres de bambou, le papier de Chine est très mince et résistant et a une teinte légèrement grisée. Ce type de papier prend l’encre avec précision.








Types de papiers

Le papier du Japon

L'art du papier fut introduit au Japon en 610 par des moines bouddhistes. Dès l'an 800, les compétences des japonais dans ce domaine étaient sans pareilles, conférant une grande notoriété au fameux « papier du Japon ». Chacune des fibres utilisées donnent au papier des particularités. Les fibres Kozo ou fibres de mûrier entrelacées sont connues pour donner au papier sa légèreté, sa flexibilité et sa solidité. En général un peu épais mais très léger, il est soyeux au toucher.





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Le papier vélin

Inventé aux alentours de 1750 par Baskerville, le papier vélin évoque le parchemin de luxe qui est fabriqué avec la peau de veau mort-né. Il a une texture lisse et soyeuse sans grain ni vergeures car en général il est fabriqué sur une fine toile à maille serrée. Il est très utilisé durant les premières décennies du XIXe siècle.






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Le papier vergé

Ce type de papier était originairement préparé dans un cadre ou un moule. La pâte à papier est alors étalée sur un tamis dont le fond est renforcé par des fils qui laissent, par la suite, leur marque sur le papier, d’où le nom verger car il présente de nombreuses vergeures que l’on peut apercevoir par transparence. C’était jusqu’au XVIIIe siècle le papier chiffon le plus courant ; il est devenu au cours du XIXe siècle un papier de luxe.





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Le papier Hollande

Il a souvent une coté lisse et un coté rugueux. Il est résistant et ne peut être cassé. C’est un type de papier vergé.








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Le papier d’Inde

Ce terme a deux significations. Il s’agit d’une forme de papier d’Inde dont le procédé a été raccourci afin de ressembler à du papier de Chine. Il peut aussi faire référence au papier Oxford indien qui est très fin, solide et opaque. Ce dernier a été développé autour du 1875 par l’imprimerie de l’université d’Oxford pour imiter le papier oriental.






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Le papier marbré

C’est un processus durant lequel le papier est immergé dans un bain de gomme, connu sous le nom de taille dans le monde de l’imprimerie. Il est remué à l’aide d’un bâton ou un peigne afin de produire cet effet marbré. Cette technique est similaire à celle de la création de cuir maroquin marbré pour les reliures.