Biographie de l'auteur
Nadèjda Garrel est née en 1939, à Paris où elle a passé toute sa vie. Enfant rebelle, elle s'est livrée très tôt à l'imaginaire, cultivant l'art d'inventer et de raconter des histoires pour ses camarades de jeux. Elle a fait de la danse, du théâtre, des travaux pour survivre et a publié très tôt deux romans. De retour d'un séjour en Amérique du Sud, en 1978, elle publie pour la première fois un recueil de récits pour la jeunesse : "Au pays du grand condor". Ce livre obtient de nombreux prix et la consacre comme un auteur important de littérature pour la jeunesse. Avec ce recueil de contes, elle accède enfin à sa propre écriture, abolissant les frontières entre le réel et l'imaginaire. Cette liberté obstinée, mais aussi l'ombre tragique de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah, se retrouvent dans tous ses romans et nouvelles, qui s'adressent indifféremment aux adolescents et aux adultes et font résonner la voix de l'enfance, cette voix qui sait et dit le monde sans le comprendre. Nadèjda Garrel détestait la bêtise, l'injustice, la haine, la guerre. Elle comparait son travail d'écriture à celui d'un funambule. Tout ce qu'elle a tenté de faire l'a toujours ramenée à l'écriture, rien qu'à l'écriture.Elle est décédée d'un cancer le 20 août 2003.«Quand je suis venue au monde, le monde était devenu fou. Ma mère était française, née à Paris, du côté de la rue Francœur, mon père était naturalisé français, né à Galatz, en Roumanie, d'une famille juive venue de Lituanie, de Russie et de Pologne. Tous deux étaient jeunes, beaux et s'aimaient à la folie. Nous habitions le mauvais 16e, entre Renault et Citroën. Autour de nous, les immeubles s'effondraient comme des châteaux de cartes. Mon père n'était pas religieux. Quand j'ai su qu'il devait porter l'étoile jaune, je l'ai vécu comme la désignation d'une incompréhensible infamie. Il a été arrêté au mois de juillet 1944 par Aloïs Brunner lui-même et de jeunes miliciens français. J'ai échappé à l'arrestation par miracle. Il a fait partie du dernier convoi de Drancy à Auschwitz ; je suppose que, malgré sa jeunesse, il a été gazé dès l'arrivée. Ma mère me parlait de lui, mais de là où il était mort jamais. J'ai dû découvrir toute seule l'horreur de l'extermination, en écoutant ce qui se disait autour de moi, en regardant les couvertures des journaux, les actualités, puis plus tard, en lisant des livres, sans jamais en parler à personne...» (Nadèjda Garrel).
Né à Rouen en 1935, Georges Lemoine et ses parents s’installent à Paris en 1946. En 1951, il commence trois années d’études dans un Centre d’Apprentissage de Dessin d’art Graphique. En 1955, il entre dans la vie professionnelle, notamment dans la presse et la publicité. Plus tard, durant son service militaire à Rabat, au Maroc, il s’inscrit à l’école des Beaux-Arts de la ville. De retour à Paris, il s’initie à la gravure sur linoléum et réalise un grand nombre de gravures à caractère illustratif constituant ainsi son premier «dossier» d’illustrateur. En 1963, il rencontre son «maître», le typographe Marcel Jacno. À cette époque, il dessine ses premières illustrations en couleur pour la presse et la publicité. C’est le début pour lui d’une longue série car, en 1970, il rencontre l’éditeur Robert Delpire avec qui il va travailler dans son agence de publicité. Son premier album illustré pour enfants, "Little Lord Blink and his castle" ("Petit lord Blink et son château de glace"), est une commande d’Etienne Delessert, pour l’éditeur américain Good Book. En 1974, il fait la connaissance du graphiste Massin et réalise à sa demande ses premières couvertures illustrées pour la collection Folio de Gallimard. L’année 1975 marque le début d’une abondante production de livres illustrés pour enfants. Grâce à Pierre Marchand, qui vient de créer le département Jeunesse de Gallimard, il illustre les textes pour enfants de grands auteurs comme J.M.G. Le Clézio, Marguerite Yourcenar, Michel Tournier, Claude Roy, H. C. Andersen, Charles Dickens, Oscar Wilde, Jack London... Il illustre même le premier numéro de la collection Folio Junior en 1977. En 1980, le Prix Honoré lui est décerné à Paris pour l’ensemble de son travail de graphiste et d’illustrateur et, en 1991, il reçoit le prix du livre de jeunesse de la SGDL, pour l’album "Peuple du Ciel", de J.M.G. Le Clézio. Il expose régulièrement ses aquarelles et ses dessins dans les galeries d’art.
Les informations fournies dans la section « A propos du livre » peuvent faire référence à une autre édition de ce titre.