L'Afrique noire précoloniale : Etude comparée des systèmes politiques et sociaux de l'Europe et de l'Afrique Noire, de l'Antiquité à la formation des Etats modernes - Couverture souple

Diop, Cheikh-Anta

 
9782708704794: L'Afrique noire précoloniale : Etude comparée des systèmes politiques et sociaux de l'Europe et de l'Afrique Noire, de l'Antiquité à la formation des Etats modernes

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Synopsis

Six ans après la parution de Nations Nègres et Culture, le professeur Cheikh Anta Diop publie, coup sur coup, en 1960, trois livres essentiels qui portent sur l'Unité culturelle de l'Afrique Noire, l'Afrique Noire pré-coloniale et les Fondements politiques, économiques, culturels, industriels, technologiques et scientifiques d'un futur État fédéral d'Afrique Noire. L'histoire africaine était née, au terme d'une recherche scientifique harassante mais riche en perspectives humaines, conduite avec désintéressement, dans la solitude, pendant dix ans, au milieu d'épreuves de toutes sortes, recherche qui fut couronnée par un doctorat d'Etat ès lettres en Sorbonne. Son originalité fut rapidement reconnue. Depuis ce fracassant instant de rupture épistémologique d'avec les cartons ethnographiques et les œillères de l'histoire africaniste, superficielle et anecdotique, le cadre général d'idées et de connaissances défini et dressé par le professeur Cheikh Anta Diop devenait bientôt, pour les jeunes chercheurs africains, une assurance et une incitation au travail. Toute comptabilité bien faite, Cheikh Anta Diop apparaît, dès le départ, comme le véritable inventeur, de nos jours, de l'histoire africaine. L'Afrique Noire pré-coloniale se veut un livre de "sociologie historique africaine", et le prouve; les problèmes majeurs développés dans cet ouvrage (analyse de la notion de caste, économies, États, idéologies, techniques et sciences de l'Afrique ancienne, etc.) ont connu, grâce au travail récent de jeunes universitaires africains, des prolongements heureux. Cependant, il reste, pour sûr, des "territoires" non encore explorés mais qu'il faudra étudier, ardemment, à la suite du maître. La comparaison de l'évolution socio-politique de l'Europe et de l'Afrique, de l'Antiquité aux Temps Modernes, et, surtout, aussi, le problème, épineux, complexe, d'un haut intérêt scientifique et humain, des migrations primaires et de l'ethnogenèse des peuples actuels de l'Afrique devront faire l'objet d'études plus approfondies. Tout cela qui requiert une interdisciplinarité vivante par l'emploi croisé de l'archéologie, la linguistique diachronique, la tradition orale, l'anthropologie culturelle, sans négliger l'apport des sciences naturelles et physicochimiques. Et, toujours, selon la rigueur exemplaire du professeur Cheikh Anta Diop dont l'influence intellectuelle sur les études africaines sérieuses par les Africains reste indestructible. Le dialogue culturel, scientifique, entre les Africains et les Autres, au niveau international, est à ce prix.

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À propos de l?auteur

Cheikh Anta Diop est né le 29 décembre 1923 à Thieytou, dans la région de Diourbel (Sénégal). Sa famille est d'origine artistocratique wolof. À l'âge de 23 ans, il part pour Paris afin d'étudier la physique et la chimie mais se tourne aussi vers l'histoire et les sciences sociales. Il suit en particulier les cours de Gaston Bachelard et de Frédéric Joliot-Curie. Il adopte un point de vue spécifiquement africain face à la vision de certains auteurs de l'époque selon laquelle les Africains sont des peuples sans passé. En 1951, Diop prépare sous la direction de Marcel Griaule une thèse de doctorat à l'Université de Paris, dans laquelle il affirme que l'Égypte antique était peuplée d'Africains noirs, et que la langue et la culture égyptiennes se sont ensuite diffusées dans l'Afrique de l'Ouest. Il ne parvient pas dans un premier temps à réunir un jury mais, d'après Doué Gnonsoa, sa thèse rencontre un « grand écho » sous la forme d'un livre, Nations nègres et culture, publié en 1954. Il obtiendra finalement son doctorat en 1960. Il poursuit dans le même temps une spécialisation en physique nucléaire au laboratoire de chimie nucléaire du Collège de France. Diop met à profit sa formation pluridisciplinaire pour combiner plusieurs méthodes d'approche. Il s'appuie sur des citations d'auteurs anciens comme Hérodote et Strabon pour illustrer sa théorie selon laquelle les Égyptiens anciens présentaient les mêmes traits physiques que les Africains noirs d'aujourd'hui (couleur de la peau, aspect des cheveux, du nez et des lèvres). Son interprétation de données d'ordre anthropologique (comme le rôle du matriarcat) et archéologique l'amène à conclure que la culture égyptienne est une culture nègre.

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